Reconversion des pharmaciens-adjoints en officine : enseigner en C.F.A

Bonjour à toutes et tous !

Comme prévu dans mon dernier billet sur la reconversion des pharmaciens adjoints, je reviens vers vous pour un court billet sur la reconversion vers le métier de formateur en C.F.A Pharmacie (Centre de Formation et d’Apprentissage). Ce billet sera basé sur mon expérience personnelle pour la majeure partie car j’ai candidaté par le passé pour un poste de formatrice dans le C.F.A de ma ville.

Pour qui ?

Pour candidater il faut justifier d’une expérience de deux ans au cours des dix dernières années dans la matière que l’on souhaite enseigner. C’est à cette  condition que le recteur de l’académie pourra accorder une autorisation d’enseigner sur proposition de la direction du C.F.A. Une expérience significative en officine est donc nécessaire et appréciée. En général, en C.F.A les pharmaciens enseignent les disciplines scientifiques comme la pharmacologie et les préparateurs sont chargés des Travaux Pratiques mais aussi d’autres matières comme la pharmacie galénique ou la législation. Je pense qu’avoir été maître d’apprentissage est un atout considérable à faire valoir dans son expérience.

Comment déposer sa candidature ?

C’est le directeur de l’établissement qui procède au recrutement, il faut directement son C.V et sa lettre de motivation au directeur du C.F.A. de manière spontanée ou en réponse à une annonce. Dans mon cas il y avait même un dossier de candidature à télécharger sur le site web et à compléter pour postuler. De mémoire, ce dossier était très complet, il y avait des questions sur les motivations du candidat pour l’enseignement mais aussi et surtout il fallait donner un schéma de cours tel qu’on l’aurait dispensé une fois en poste. Le thème était libre mais il fallait expliquer en détail comment nous souhaiterions organiser le cours, les différents supports utilisés, etc,… J’ai donc joins ce dossier à mes C.V et lettre de motivation. C’était en fait une candidature spontanée, j’ignorais s’il y avait ou non des postes à pourvoir. Cependant, je pense qu’il ne faut pas hésiter à adresser ce type de candidature car le directeur m’a bien signifié qu’ils conservaient ces C.V afin d’y puiser en cas de départ ou d’absence d’un enseignant. Il ne faut pas hésiter non plus à visiter le site web du C.F.A que vous visez : il peut regorger d’informations très utiles pour candidater voire d’offres d’emploi. S’il n’y a pas de dossier à remplir disponible sur le site, je pense qu’il serait judicieux de fournir une lettre de motivation très complète et très précise sur ses motivations mais aussi la façon dont on envisage l’enseignement. Les dossiers de candidature lorsqu’ils sont présents donnent un exemple de ce qui est attendu par les directeurs de C.F.A. Il ne faut pas hésiter à valoriser sur son C.V des expériences ayant trait à l’enseignement notamment si l’on a été maître de stage ou d’apprentissage.

Les conditions de travail 

Il apparaît que les postes de formateur en C.F.A à temps plein sont peu nombreux. Il y a donc souvent des temps partiels et parfois les pharmaciens ont d’autres activités en parallèle de l’enseignement. Je ne trouve pas d’informations suffisamment fiables sur la rémunération pour vous donner des chiffres ici ; il y a bel et bien une convention collective mais je n’y vois que la rémunération pour la partie liée à l’ancienneté et non le traitement de base. Je pense donc que cela dépend aussi du C.F.A où l’on est employé mais n’hésitez pas à me corriger si je me trompe. J’ai pu lire ça et là des salaires à 2400 euros brut pour un poste de titulaire mais là encore je n’ai pas les données sur le temps de travail correspondant à cela et je ne suis pas allée assez loin dans ma démarche personnelle pour avoir ces informations. Si j’arrive à en savoir plus, j’éditerai ce billet avec des informations vérifiées.

Avantages et inconvénients

A mon avis, les points positifs et négatifs sont les même que ceux évoqués dans le billet sur l’enseignement ici. Cependant, personnellement, j’ajouterais un gros point positif pour l’enseignement en C.F.A. Pharmacie celui d’avoir un rôle direct dans la formation des futurs professionnels de notre branche d’activité, proches de notre coeur de métier. Les enseignants en C.F.A forment les futurs préparateurs et contribuent donc à mon sens à façonner l’officine de demain. Ils peuvent donc être pleinement impliqués dans le tournant que doit aborder l’officine et dans les défis qu’elle devra relever.

Voilà ce que je peux dire de cette piste de reconversion, j’attends d’autre informations que je vous communiquerai au plus vite. Ce n’est encore une fois qu’une vision personnelle mais j’espère qu’elle vous sera utile. Comme d’habitude, n’hésitez pas à réagir en commentaires pour venir infirmer ou préciser mes propos, toutes vos réactions sont les bienvenues.

A très vite pour un nouveau billet.

 

 

 

Sources et liens :

Interview Pharméchange d’un enseignant en C.F.A pharmacie
Convention Collective des Formateurs en C.F.A
Fiche « Devenir Formateur » sur www.contratdapprentissage.fr

 

 

La reconversion professionnelle des pharmaciens d’officine (2)

Beaucoup de temps s’est écoulé depuis mon dernier article sur la reconversion professionnelle des pharmaciens. Je n’ai eu de cesse de me poser toutes sortes de questions pendant ce temps-là. J’ai lu vos commentaires, vos mails, fouillé la toile,… Puis j’ai décidé  d’arrêter de chercher et de simplement tenter ma chance, de postuler sans réfléchir. Un peu comme une bouteille à la mer en fait sans en attendre grand-chose car comme je vous le disais je n’ai rien d’autre que mon diplôme de pharmacien, filière officine sans master, DU, école de commerce ou que sais-je. Mais j’ai eu des réponses. Alors mon premier conseil va être celui-là : LANCEZ-VOUS ! Et oui je crie parce qu’on a besoin d’être secoué. On croit être figés, bloqués dans nos carrières officinales. On est  persuadés que personne ne voudra de nous, en particulier l’industrie ou la répartition, parce que nous n’avons pas assez  de diplômes complémentaires voire de compétences. C’est faux. J’ai appris que la compétence des officinaux est en fait recherchée, nous savons faire plein de choses auxquelles nous ne pensons pas. Mais il est temps de nous valoriser si on veut pouvoir changer de voie. Contre toute attente j’ai eu des réponses et des rendez-vous s’en sont suivis.  J’ai énormément appris de mes erreurs au cours de ces entretiens.  Essentiellement parce que je suis complètement novice dans ce domaine : j’ai fait très peu de CV et d’entretiens d’embauche. C’est peut-être votre cas aussi c’est pourquoi je voudrais partager avec vous les modestes conseils que j’ai pu en retirer. Tous ces conseils sont issus de remarques ou de reproches qui m’ont été faits par les différents interlocuteurs que j’ai pu rencontrer. Trêve de bavardages, allons-y !

Le CV

Règle n°1 : il doit être très clair. Eviter le fouillis d’informations en ne mettant que les expériences significatives. L’information principale, à savoir, que vous êtes docteur en pharmacie, doit être mise en évidence. C’est l’information clé, celle que le recruteur recherche et qui va conditionner l’entretien car pour un poste de chargé de clientèle par exemple des non-pharmaciens peuvent postuler.

Règle n°2 : la photo doit vous mettre en valeur, vous devez paraître souriant tout en faisant une photo  » professionnelle « . Si vous n’avez pas de très bonne photo sous la main, il vaut mieux ne pas en mettre.

Règle n°3 : n’hésitez pas à fouiller le net ou à vous faire aider pour élaborer votre CV.  Les CV de pharmacien ne seraient en général pas très bien fait d’après mes interlocuteurs (j’ai trouvé ça plutôt normal car nous n’avons eu aucune formation en la matière).

Règle n°4 : apporter un CV à chaque étape du processus d’embauche, à chaque entretien même si vous vous dites qu’ils doivent déjà l’avoir. C’est une erreur.

L’entretien d’embauche

Règle n°1 : soyez avenant, enthousiaste et souriant.

Règle n°2 : allez-y confiant de vos compétence et de votre valeur ajoutée en tant qu’officinal. Préparez une liste de ce que vous avez fait dans votre officine qui pourrait être en lien, même indirect, avec cet emploi. Par exemple, si vous gériez des gammes de A à Z dans votre officine, dressez la liste des actions, événements, stratégie promotionnelle, etc…que vous avez mis en place.

Règle n°2 : soyez très précis dans vos réponses à toutes les questions posées. Un bon moyen de l’être est de donner systématiquement des exemples.

Exemple 1 : Le recruteur vous demande de citer une de vos qualités, vous répondez  » je suis travailleur(se)  » c’est bien mais le problème c’est que beaucoup de personnes répondront cela également. Donc donnez tout de suite un exemple même si on ne vous le demande pas. Vous pouvez dire que vous faites plus d’heures que celles prévues par votre contrat car vous voulez finir votre travail, etc …

Exemple 2 : « Qu’avez-vous appris de vos entretiens avec les commerciaux de la gamme X à l’officine ? « . Soyez très précis pour répondre ; vous aurez préalablement fait la liste des savoir-faire et des compétences acquises et c’est le moment  de l’utiliser.

Le recruteur attend cette précision, souvent ils n’ont que très peu de temps à nous accorder et veulent donc un maximum de renseignements en un minimum de temps. En gros, ils n’iront pas trop nous « tirer les vers du nez », c’est donc à nous de faire la démarche volontaire de donner des détails. J’ai remarqué que les réponses évasives les dérangent vraiment.

Règle n°3 : prenez toujours des notes, cela montre l’intérêt que vous portez à votre interlocuteur et cela pourra  vous être très utile en cas de recrutement en plusieurs étapes.

Règle n°4 : maîtrisez votre sujet. Renseigner vous un maximum sur internet sur l’entreprise pour laquelle vous postulez. Vous devez connaître leur offre dans sa globalité mais aussi ce qui la distingue de ses concurrents sur le marché,… En fait, je pense que plus vous en saurez mieux c’est.

Règle n°5 : Posez toujours des questions. En général c’est à la fin de l’entretien que le recruteur vous demandera si vous avez des questions.

 » Last but not least  » Règle n°6 : peut-être la plus importante de toutes, PREPAREZ chaque entretien. Il y a des questions assez banales auxquelles on peut s’attendre et donc que l’on peut préparer. Beaucoup, des règles précitées supposent une préparation préalable. De plus cela permet de se sentir plus en confiance.

La recherche d’emploi :

Un autre article suivra bientôt avec plus d’informations mais j’ai déjà un petit conseil à vous donner : utilisez le site du LEEM consacré à la recherche d’emploi en cliquant ici. Créez un profil et abonnez-vous aux offres d’emploi dans les domaines qui vous intéressent. Bien sûr, on peut aussi utiliser en parallèle les sites moins spécialisés comme Monster®, Indeed®, Apec … pour mettre toutes les chances de son côté. Enfin, dernier conseil : ne vous bridez pas ! Postulez à toutes les offres qui vous intéressent  même si vous pensez ne pas intéresser les recruteurs, vous pourriez avoir des surprises !

Merci encore de m’avoir lu, en espérant vous avoir (un petit peu) aidé. A très vite pour un nouvel article !

PS : l’article #1 se trouve ici.

A quand de réelles réformes sur le rôle du pharmacien d’officine ?

Bonjour tout le monde !

Je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel article ! Mais je voudrais d’abord vous remercier toutes et tous qui m’avez envoyé vos très nombreuses réactions via le formulaire de contact et les commentaires. J’avoue que je ne m’y attendais pas du tout mais vous ne pouvez pas imaginer quel plaisir ce fut pour moi de découvrir tous ces mails tous plus adorables les uns que les autres et de lire vos histoires tellement proches de la mienne. Pour la première fois, j’ai le sentiment que la communauté « pharmacie » – au sens noble du terme –  existe vraiment et je m’y sens à ma place. En fait, je regrette même de ne pas l’avoir fait plus tôt.

Ceci étant dit,  je voudrais vous parler aujourd’hui des réformes du rôle du pharmacien d’officine. Peut-être que comme moi, vous avez été nombreux à être déçus par la loi HPST qui devait élargir nos attributions. Dans les faits, malheureusement, l’impact n’a été que très minime. Non seulement nos attributions factuelles n’ont pas été élargies mais le rôle de l’officinal dans la stratégie de soins n’a guère été valorisé. Nous n’avons toujours pas, à mon sens la reconnaissance de notre rôle et de nos compétences dans le réseau de soins et l’interprofessionalité est au point mort. De ce constat naît ce sentiment de frustration immense de compétences et de nombreuses années d’études universitaires gâchées, sentiment  que nous sommes nombreux à partager. J’ai eu un très grand nombre de mail de consœurs et confrères qui partagent mon point de vue dans leur quête de reconversion. Même si j’ai apprécié de partager notre désarroi, avec un peu de recul, je prends conscience que la profession de pharmacien d’officine est de moins en moins attractive et surtout que nous sommes de moins en moins nombreux à nous y épanouir. Dans ma faculté d’origine, avant l’instauration de la PACES (Première Année Commune aux Etudes de Santé), les candidats aux études de pharmacie en première année étaient au moins moitié moins nombreux qu’à mon époque !  J’aime beaucoup dialoguer avec d’autres pharmaciens sur Twitter et là-bas sont nées des discussions très riches au sein de la #Team Pharma : chacun y partage son expérience notamment  @TomPharma, un jeune pharmacien français qui a émigré au Québec et croyez-moi il est frappant de voir les différences entre les attributions d’un pharmacien Outre-Atlantique et celles d’un pharmacien en France.

En effet, au Québec, le pharmacien peut initier ou ajuster, selon une ordonnance, la thérapie médicamenteuse en recourant, le cas échéant, aux analyses de laboratoire appropriées. En France, nous ne sommes même pas autorisés à donner ne serait-ce qu’un début d’interprétation de bilan biologique à nos patients. Alors certes il y a les entretiens pharmaceutiques récemment mis en place mais leur recours est pour le moment très limité car ciblant encore trop peu de pathologies et notre rôle tel que défini par loi au sein même de ces entretiens reste très limité. De plus, les titulaires d’officine demeurent libres de les mettre en place ou non donc ça ne se fait pas dans toutes les officines actuellement. Le 20 Juin 2015 est entrée en vigueur au Québec la Loi 41 qui définit les nouvelles activités des pharmaciens leur permettant en outre de substituer un médicament en cas de rupture d’approvisionnement, de prescrire des médicaments pour certaines pathologies  mineures déjà diagnostiquées par un médecin (la liste étant très clairement définie) et d’administrer un médicament.

Toutes ces différences laissent à penser que nous avons d’énormes progrès à faire en la matière mais qu’il est urgent pour toute la profession que les choses changent et ce rapidement. La balle est dans notre camp, je crois qu’il nous appartient de faire bouger les choses.

Comme d’habitude mais aujourd’hui plus que jamais, je vous demande de ne pas hésiter à partager et commenter l’article. Je vous invite tous à nous rejoindre sur  Twitter  @LPharmacienne que vous soyez pharmacien, préparateur ou que vous souhaitiez simplement supporter l’officine. Je vous remercie encore mille fois pour m’avoir lu.

Sources :

http://www.opq.org/fr-CA/grand-public/nouvelles-activites-des-pharmaciens/
www.immigrer-au-quebec.com/pharmacien.pdf
Sans oublier les précieuses informations de @TomPharma et toute la #TeamPharma  sur Twitter.

 

 

Nos chers titulaires …

Coucou tout le monde, je reviens après une longue, voire très longue, absence pour de multiples raisons. Entre temps… j’ai travaillé, beaucoup travaillé, toujours dans ma petite officine de quartier. Et je me suis interrogée sur le statut et le métier de titulaire d’officine car comme le savez je ne suis que salariée. Nous avons le même diplôme et effectué les mêmes études,nous travaillons au sein de la même structure et pourtant la nature de nos tâches, notre quotidien et nos revenus sont si différents. Dans quel autre métier ou corps de métier une telle différence s’observe-t-elle ? Quand ce système sera-t-il réformé efficacement par nos politiques pour s’aligner sur le modèle d’association des autres professionnels de santé ? Je m’explique, pour moi le quotidien d’un assistant c’est le comptoir, debout la journée entière, avec entre deux conseils et lorsqu’on arrive à trouver deux minutes la paperasse (rejets, facturations locations,…) et toute la logistique liée aux commandes qui arrivent (déballage, mise à jour du stock, mise en rayon,…). Avec une phrase, répétée comme un mantra dès le premier stage en officine : LA PRIORITE C’EST LE COMPTOIR !

Je ne connais évidemment pas tous les titulaires et leurs façons de travailler donc je ne peux pas généraliser et je parle donc uniquement de ce que j’ai pu observer le plus fréquemment. Le titulaire donc passe le plus clair de son temps assis très confortablement dans son bureau ( parce que oui lui il a un bureau et la possibilité de s’asseoir ) à réaliser très certainement des tâches administratives de la plus haute importance du matin 8h00 au soir 20h00 sur son ordinateur quand ce n’est pas sur sa tablette. Lorsque bien sûr on n’aperçoit pas en fond Venteprivée.com ou Candy Crush Saga. Ce n’est pas l’essentiel de son travail : il reçoit également les délégués pharmaceutiques pour passer les commandes, ou plutôt pour discuter de tout et de rien, parler mutuellement de leurs vies personnelles, blaguer, boire des cafés et entre deux passer une commande. Il y a aussi les conversations téléphoniques personnelles interminables, bureau fermé, pour plus de confidentialité. Le comptoir, c’est à dose homéopathique, quand il y a une surcharge et qu’il ne faut pas trop faire attendre les patients ou quand le patient lui-même réclame le titulaire. Ah j’allais oublier il y a aussi les visites personnelles : amis, famille, etc… Un autre profil de titulaire est le titulaire fantôme qui part en week-end le jeudi et en revient le mardi.

J’ai aussi connu un titulaire qui travaillait comme un damné, faisait plus d’heures que n’importe qui dans l’équipe. Il faisait toutes les fermetures et ne s’octroyait qu’un samedi sur deux. Evidemment, il avait aussi du travail dans son bureau mais il était aussi beaucoup présent à nos côtés au comptoir ou au préparatoire. Les rendez-vous avec les commerciaux il les avait délégué à un préparateur en pharmacie expérimenté qui était alors désigné « responsable des achats ». Une belle preuve de confiance, de reconnaissance et de valorisation des compétences et de l’expérience. Tout ceci fonctionnait à merveille et il n’y avait pas de sentiment de frustration dans l’équipe, l’ambiance de travail s’en ressentait. Malheureusement je n’en ai connu qu’un seul.

Je regrette que les titulaires ne fassent pas plus confiance à leur équipe pour déléguer certaines tâches, les impliquer davantage dans la direction générale qu’ils veulent faire prendre à leur officine (pour ou contre les entretiens pharmaceutiques par exemple, comment on les met en place ?…), dans le processus de qualité à l’officine,etc…Cela aiderait à DIVERSIFIER et à VALORISER le métier de chacun. Etre titulaire comme n’importe quel chef d’entreprise demande du travail, beaucoup de travail et d’investissement mais aussi de la réflexion sur le management de l’équipe officinale. En effet, afficher ostensiblement qu’on ne fait rien devant une équipe qui sue et croule sous le poids du travail n’est peut-être pas la meilleure technique managériale qu’il soit.

Ce que je souhaiterais aussi c’est un peu plus de respect pour notre travail et surtout notre LIEU de travail qu’est l’officine. Ce n’est pas vraiment l’endroit pour recevoir ses copains/copines, rire à gorge déployée avec les représentants pendant des heures, avoir des conversations intimes et jouer à l’Ipad. Pourquoi même y venir pour ces activités ?

Donc voilà c’était une sorte de coup de gueule du moment, ça fait du bien de le dire, de l’écrire, d’accoucher de ses propres pensées frustrantes au quotidien. Ce ras-le bol de ce type fonctionnement, le manque de marge de manoeuvre par rapport  à la politique même de soins (en fait on a pas du tout notre mot à dire) sont une des raisons pour lesquelles la question de la reconversion professionnelle se pose…

A mes collègues assistants et préparateurs, vous en pensez quoi ? Vous avez déjà eu des moments où ce ras-le-bol s’est fait ressentir ? Aux autres professionnels, que vous inspire le schéma de fonctionnement de la pharmacie d’officine en France ?

Avant de vous quitter et de vous souhaiter une bonne semaine, je rappelle que je ne veux pas généraliser et que bien sûr certains titulaires sont des perles ! A très bientôt pour un nouvel article !

La pharmacienne en a parfois marre…d’être pharmacienne !

Coucou tout le monde !

Comme prévu je reviens avec un article que j’ai pas du tout préparé mais que je vais écrire avec l’inspi du moment. Ces temps-ci l’actualité de la pharmacie d’officine bouge beaucoup et agite les médias et les réseaux sociaux. Cela fait ressurgir dans ma tête quelques aspects de l’exercice officinal qui me fatiguent, qui m’épuisent, m’irritent et qui font qu’un jour je ne travaillerai plus en officine. Alors la pharmacienne, marre de quoi ?

Marre de devoir faire des « courbettes » sans arrêt y compris à des patients qui vont trop loin. Ils sont rares mais certains des fois nous manquent de respect, exigent l’impossible ou abusent du système. Prenons par exemple un patient qui exige qu’on le livre à tout heure de la journée parce que vous comprenez « moi je travaille, pas le temps de passer à la pharmacie ». Inutile de lui répéter à celui là qu’on est pas chez Darty, que les livraisons sont réservées aux patients alités qui ne peuvent se déplacer sinon « je change de pharmacie parce que celle que j’avais avant, elle au moins elle me livrait ». Un autre exemple, celui qui essaie de marchander sans arrêt des boites de Dexeryl ou de Voltarène en plus. Idem pour ceux qui manquent de respect, on doit bien-sûr tout de même leur venir en aide et répondre à leur demande dans tous les cas, ça c’est normal mais on ne peut pas se permettre de les recadrer ou de leur faire seulement remarquer que là ils vont un peu trop loin dans l’irrespect…Pareil il faut se taire et sortir son plus beau sourire-hypocrite parce que sinon, eh ben il ou elle va ailleurs.

Marre de ces personnes qui râlent parce que « chez vous il y a toujours du monde » et qu’il faut attendre son tour. Il vous le fait bien sentir en soufflant fort sans arrêt ou en s’approchant du comptoir au mépris des règles de confidentialité et du respect du patient que vous êtes en train de conseiller. Attendre dans la salle d’attente du médecin aucun problème mais chez le pharmacien, il manquerait plus que ça. Comme au McDo il faudrait servir vite, très vite tout en analysant l’ordonnance et en conseillant le patient en un temps record !

Marre de devoir accepter d’avancer tout et n’importe quoi y compris des antibiotiques quand le patient joue lui-même à l’apprenti médecin ou que le médecin lui a soit-disant dit de prendre ça au téléphone ! Où est notre rôle de pharmacien dans cet acte, oui ce rôle de prévention, de promotion de la santé publique et de bon usage du médicament ?

Marre de devoir « vendre » des produits cosmétiques comme Lierac, Caudalie et j’en passe qui à mon avis ont plus leur place en parfumerie qu’en officine ! Je ne suis pas formée pour être vendeuse, ce n’est pas le métier que je veux faire au quotidien. Alors oui ça m’horripile de devoir mettre en place des rayons, mettre en avant des produits, etc…C’est pas mon job et surtout ça m’intéresse pas du tout !

Marre des médecins qui lorsqu’on les appelle pour une interaction, une posologie, une contre-indication…bref qu’on fait notre boulot, nous prennent de haut : « je l’ai prescrit, non ? donc vous le délivrez !  » (je vous garantis que j’ai déjà eu ce type de réaction). Ils doivent vraiment nous penser complètement inutiles surtout devant leur omniscience et leur toute-puissance, on est juste là pour aller chercher les boîtes dans les tiroirs, juste ce geste mécanique ! Et pourtant, au pénal, la responsabilité médecin-pharmacien est bel et bien partagée la loi est claire c’est 50-50. A côté de ça, bien sûr et heureusement, il y a des médecins adorables avec qui c’est un plaisir de travailler. Je pense à une ou deux généralistes de mon quartier avec qui on est même devenues copines ! Elles nous remercient quand on a repéré quelque chose d’important, nous expliquent leur démarche quand ce n’est finalement pas le cas. Elles nous appellent quand elles savent que nous allons recevoir un de leur patient et qu’elles veulent qu’on insiste, nous aussi, sur un point pour renforcer leur discours ou pour des renseignements sur le patient (observance, compliance,…). Je pense aussi à ce cardiologue que j’appelle suite à un prescription qui m’accueille chaleureusement, qui me dit de ne pas hésiter à l’appeler et qu’en ce moment entre professionnels de santé il faut « qu’on se serre les coudes ».
Ce sont eux et l’interêt de ceux qu’on soigne qui nous motivent à pousser la collaboration interprofessionnelle qui est essentielle pour les patients. Mais il doit y avoir du respect mutuel et les conflits d’égo n’ont pas leur place dans ces discussions.

Enfin, voilà c’était un coup de gueule, en vrac comme ça me vient. Je continue car j’aime encore mon travail et surtout les patients dont beaucoup sont des habitués, avec qui je partage plein de choses, ils m’apprennent et m’apportent énormément au quotidien. Sans doute beaucoup plus qu’ils ne le pensent ! J’adore les aider, les conseiller, et leurs mercis toujours chaleureux suffisent pour le moment à effacer tous les autres aspects que je qualifie de « négatifs ».

Ce que je veux aussi ajouter c’est que tous ces aspects négatifs n’ont absolument rien à voir avec les titulaires qui sont eux aussi victimes de ceux que les politiques, au cours des années, ont fait de la pharmacie d’officine. Ils ne le font pas pour le plaisir mais aussi pour sauvegarder nos emplois. Ils sont contraints et je les comprends de veiller plus que jamais à la rentabilité de leur entreprise car le milieu de l’officine est devenu extrêmement concurrentiel, en ville en tout cas. Ceci les obligeant tout autant que nous salariés à se décentrer de leur mission principale et de l’essence même du pharmacien : le médicament.  C’est ce qu’on aime faire, ce pour quoi on est bons et ce pourquoi on est formé à la base. Mais entre la crème antirides miracle et le shampoing revitalisant l’opinion publique a tendance à l’oublier !

Merci de m’avoir lu ! A très vite !

Cancer du sein : prendre soin de ses cheveux

Coucou tout le monde !

Je reviens avec un nouvel article traitant du soin des cheveux pendant et après la chimiothérapie. N’hésitez pas à partager vos astuces car bien sûr comme toujours ce n’est en aucun cas un article exhaustif. Rappelez-vous qu’aucun article du web ne pourrait et ne saurait remplacer les conseils du médecin, du pharmacien et de tous les professionnels de santé. Allez assez parlé, place à l’article :

Pendant la chimiothérapie :

– Lavez-vous les cheveux avant la chimiothérapie puis ne vous les lavez pas pendant 3 à 8 jours après la séance.

– Ne vous brossez pas les cheveux le matin de la chimiothérapie.

– De manière générale, évitez de vous laver les cheveux trop fréquemment : un à

deux lavages par semaine suffit.

– N’utilisez pas trop de shampoing : une noisette suffit et utilisez un shampoing doux, selon les pharmacies il y a de nombreuses marques différentes mais n’utilisez jamais de shampoing pour bébé qui graisse le cheveu.

– Utilisez une brosse à cheveux à poils très souple.

– Evitez les traitements agressifs : lissages, permanentes, défrisages, brushings, fer à lisser, bigoudis, mèches et colorations,etc…

– Ne pas faire de chignons serrés et de nattes qui  » cassent » et fragilisent le cheveu.

– Si le crâne est rasé, appliquez tous les jours une crème hydratante pour peaux sensibles.

– Protégez vos cheveux du soleil : foulards, chapeaux, huiles capillaires  protectrices UVA et UVB, crème solaire,…

 

Après la chimiothérapie

Après la fin des traitements de chimiothérapie les cheveux repoussent à leur rythme, environ 1 cm par mois. La repousse peut parfois s’accompagner de quelques rares démangeaisons et les cheveux peuvent être, le plus souvent momentanément, différents en terme de couleur et de texture. Certains traitements comme l’hormonothérapie peuvent ralentir la pousse des cheveux.

Il vaut mieux même pendant la repousse et pendant quelques mois encore éviter les traitements agressifs cités plus haut et continuer à utiliser un shampoing doux.

Pour les cils et les sourcils, pourquoi ne pas bénéficier des conseils et des soins d’une socioesthéticienne dont beaucoup de services d’oncologie sont dotés ? Il y a aussi des ateliers de maquillage très bien faits dans les centres de cure thermale comme Avène et La Roche Posay.

Quelques mois après l’arrêt de la chimiothérapie et seulement après avoir demander l’autorisation de son oncologue on peut envisager une petite cure de levure de bière pour renforcer ses cheveux. La levure de bière est un champignon microscopique qui participe à la fermentation de la bière. Elle est très riche en acides aminés, en protéines et en vitamines B mais aussi en minéraux comme le fer, le phosphore, et le potassium. Elle redonne de l’éclat à la peau, consolide les ongles, et renforce les cheveux. Demandez conseil à votre pharmacien pour savoir quand et comment la prendre si et seulement si bien sûr comme je l’ai dit votre oncologue est d’accord et encore une fois bien après la fin de la chimiothérapie.

Voilà les filles pour ce que je pouvais dire sur le sujet. Comme toujours j’espère que d’autres viendront contribuer en commentaires ! J’espère que vous avez passé un bon week-end qui se termine déjà !

A très vite pour un nouvel article !