Cancer du sein : conseils en cas de lymphoedème, partie 2

Conseils en cas de lymphoedème

L’ensemble de ces conseils constitue également une prévention à la survenue d’éventuelles complications du lymphoedème.

Soins du bras et de la main :

Il faut particulièrement prendre soin de son bras, de sa main et éviter au maximum toute effraction ou agression de la barrière cutanée. Les conseils sont les suivants pour les soins du bras :

  • Après chaque douche ou bain, il est très important de sécher très soigneusement le bras et la main de manière à avoir un bras bien sec. De même, si les mains sont amenées à rester dans l’eau un long moment il faut mieux porter des gants.
  • Tous les jours, le bras doit être hydraté avec un lait pour le corps formulé pour les peaux sensibles. Pour la main, on pourra utiliser une crème hydratante pour les mains. Parfois, le kinésithérapeute recommande un produit en particulier. Dans tous les cas le choix est large dans votre pharmacie pour ce type de produits. N’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien.
  • Protéger son bras du soleil avec des vêtements longs ou un écran total à indice 50.
  • Eviter les températures extrêmes : protéger son bras du froid hivernal et évitez de prendre des bains chauds prolongés.
  • Ne pas porter de bijoux ou de vêtements serrés autour du bras ou des doigts.

Outre ces soins, il faut également éviter autant que possible les effractions cutanées au niveau du bras ou des mains au cours des activités du quotidien. Pour cela, il convient de porter une protection adaptée pour chaque activité, par exemple des gants pour le jardinage ou le bricolage, un dé à coudre pour la couture,… De plus, pour l’épilation des aisselles, mieux vaut utiliser un rasoir électrique plutôt qu’un rasoir jetable afin de minimiser les risques de coupure sous le bras. Si malgré tout des blessures se produisent, la zone doit être soigneusement lavée à l’eau et au savon puis désinfectée avec le produit approprié. Composez avec votre pharmacien une trousse de premiers secours adaptée comportant le nécessaire pour traiter les plaies ou les piqûres à emporter partout avec vous.

  • Avoir une alimentation variée et équilibrée de manière à ne pas prendre de poids est très important. Si vous êtes en surpoids, faites vous aider par des professionnels de santé qui vous prescriront un régime adapté et sain. En effet, le surpoids peut aggraver le lymphoedème
  • Faire de l’exercice physique est également très important. En accord avec le kinésithérapeute et le médecin reprenez une activité physique douce. Le kinésithérapeute enseigne également quelques exercices physiques bénéfiques à pratiquer à la maison. Dans tous les cas, avant de commencer ou de reprendre une activité sportive son avis est INDISPENSABLE car certaines activités seront déconseillées. De même, le port de charges lourdes est bien sûr à éviter.

A ces recommandations s’ajoutent obligatoirement l’auto-surveillance. Il faut savoir repérer des signes anormaux et aller consulter son médecin d’urgence : fièvre, fatigue, placards rouges et chauds, démangeaisons, rougeurs, un gonflement anormal,…Votre médecin peut vous expliquer ces signes et vous apprendre à les repérer. Il faut rester vigilante, observer son corps et ses signes pour aller consulter immédiatement.

Conseils de prévention

Il n’existe aujourd’hui aucun consensus à l’heure actuelle en France pour la prévention du lymphoedème. Les experts ne sont pas unanimes et le lymphoedème reste aujourd’hui encore une maladie trop peu connue. Le National Lymphedema Network est une organisation internationale à but non lucratif qui oeuvre pour la promotion de l’information sur le lymphoedème auprès des patients comme auprès des professionnels de santé. Cette organisation a également pour but d’éduquer les personnes à risque afin d’éviter autant que possible la survenue de la maladie. Toutes les mesures et les conseils évoqués ci-dessus pour prévenir les complications du lymphoedème et accompagner le traitement en cas de lymphoedème déclaré sont à appliquer également pour la prévention primaire du lymphoedème. A ces conseils s’ajoutent, toujours selon le National Lymphedema Network, les suivants :

  • Si vous devez prendre l’avion, parlez-en à votre médecin qui pourra vous prescrire une manche de compression bien ajustée, à visée préventive et buvez beaucoup d’eau pendant le voyage.
  • Evitez les activités répétitives comme le crochet ou le tricot et les sports comme l’aviron ou le squash. De manière générale, de toute façon je vous conseille vivement de demander une autorisation à votre médecin avant de pratiquer une quelconque activité sportive après l’opération. Ne faites rien sans son accord.
  • Ne pas porter de charges lourdes excédant les 7kg.
  • Eviter les injections, prises de sang et mesure de la tension artérielle sur le bras concerné.

Cependant, ces recommandations pour la prévention primaire n’ont pas de caractère officiel et les données dans la littérature manquent. En France, dans son référentiel inter-régionaux en soins oncologique de support, l’AFSOS (Association Française pour les Soins Oncologiques de Support), préconise uniquement de l’exercice physique adapté, le maintien d’un poids normal et d’éviter les effractions cutanées.

 

Voilà les filles ce que je pouvais dire à propos du lymphoedème dans le cadre du traitement chirurgical du cancer du sein. Comme toujours, j’espère que certains ou certaines d’entre vous pourront y ajouter leur propre expériences et leurs conseils et que cet article pourra apporter quelque chose !

A très vite pour un nouvel article !

Cancer du sein : conseil en cas de lymphoedème, partie 1

Coucou tout le monde !

Je reviens pour un nouvel article sur le lymphoedème dans le cancer du sein, pour partager mes conseils et bien sûr toujours recueillir les vôtres ainsi que vos expériences ! J’ai décidé de partager cet article en 3 pour qu’il ne soit pas trop long et rébarbatif à lire. Dans cette première partie donc uniquement quelques explications sans prétention sur le lyphoedème et ses traitements.

Qu’est-ce qu’un lymphoedème ?

Le lymphoedème, encore appelé « gros bras », est la principale complication chirurgicale du cancer du sein. Très schématiquement, il s’agit en fait d’une accumulation de liquide lymphatique dans le bras du côté du sein opéré. Il peut apparaître suite à un curage axillaire ou lors de l’utilisation de la technique du ganglion sentinelle. Beaucoup plus rarement le lymphoedème peut également être secondaire au traitement par radiothérapie.

Des traitements existent, mais la prévention de la survenue du lymphoedème ou de ses complications reste un élément clé de sa prise en charge.

Après un cancer du sein, le lymphoedème est perçu par les patientes comme un rappel constant du cancer et de la lutte contre la maladie qu’elles ont menée. De plus, c’est une fois encore l’image corporelle qui est dégradée, l’apparence est modifiée et l’estime de soi diminue. Certaines femmes n’osent plus sortir, jugeant leur physique devenu trop disgracieux. Elles se privent ainsi d’une vie sociale indispensable à la reprise d’une vie la plus normale possible dans « l’après cancer ». Par ailleurs, le quotidien avec un lymphoedème est plus difficile car certains gestes de la vie de tous les jours deviennent pénibles voire douloureux. Cette séquelle peut également être un obstacle à la reprise du travail après le cancer. En effet, la reprise d’activité professionnelle peut nécessiter un réaménagement de poste pas toujours accepté et rendue possible par l’employeur. Pour toutes ces raisons, psychologiquement, le lymphoedème s’il se présente, est une épreuve douloureuse qui peut entraver la reconstruction de soi après le cancer. C’est pourquoi il est indispensable, sous bien des aspects, de se faire accompagner, aider et conseiller afin d’en minimiser les conséquences et le retentissement sur toutes les sphères de sa vie.

Les traitements

Il n’y a pas un mais des traitements combinés qui sont d’autant plus efficaces qu’ils sont précoces et réguliers. Le traitement de base repose sur une méthode de drainage lymphatique : la thérapie décongestive combinée. C’est le masseur-kinésithérapeute qui prend en charge cette thérapie prescrite par le médecin qui peut aussi associer le port d’un manchon de compression avec ou sans mitaine attenante disponible en officine. Si cette thérapie est la seule reconnue le médecin peut cependant y ajouter des médicaments par voie orale.

 

Voilà ce que je pouvais en dire pour cette première partie. J’espère que la lecture vous a plu et intéressé. Comme toujours n’hésitez pas à venir commenter ! Je vous laisse, je reviens très bientôt pour la suite de l’article avec les conseils à proprement parler.

Je vous souhaite à toutes et tous une excellente après-midi !! A très bientôt !