Reconversion des pharmaciens-adjoints en officine : enseigner en C.F.A

Bonjour à toutes et tous !

Comme prévu dans mon dernier billet sur la reconversion des pharmaciens adjoints, je reviens vers vous pour un court billet sur la reconversion vers le métier de formateur en C.F.A Pharmacie (Centre de Formation et d’Apprentissage). Ce billet sera basé sur mon expérience personnelle pour la majeure partie car j’ai candidaté par le passé pour un poste de formatrice dans le C.F.A de ma ville.

Pour qui ?

Pour candidater il faut justifier d’une expérience de deux ans au cours des dix dernières années dans la matière que l’on souhaite enseigner. C’est à cette  condition que le recteur de l’académie pourra accorder une autorisation d’enseigner sur proposition de la direction du C.F.A. Une expérience significative en officine est donc nécessaire et appréciée. En général, en C.F.A les pharmaciens enseignent les disciplines scientifiques comme la pharmacologie et les préparateurs sont chargés des Travaux Pratiques mais aussi d’autres matières comme la pharmacie galénique ou la législation. Je pense qu’avoir été maître d’apprentissage est un atout considérable à faire valoir dans son expérience.

Comment déposer sa candidature ?

C’est le directeur de l’établissement qui procède au recrutement, il faut directement son C.V et sa lettre de motivation au directeur du C.F.A. de manière spontanée ou en réponse à une annonce. Dans mon cas il y avait même un dossier de candidature à télécharger sur le site web et à compléter pour postuler. De mémoire, ce dossier était très complet, il y avait des questions sur les motivations du candidat pour l’enseignement mais aussi et surtout il fallait donner un schéma de cours tel qu’on l’aurait dispensé une fois en poste. Le thème était libre mais il fallait expliquer en détail comment nous souhaiterions organiser le cours, les différents supports utilisés, etc,… J’ai donc joins ce dossier à mes C.V et lettre de motivation. C’était en fait une candidature spontanée, j’ignorais s’il y avait ou non des postes à pourvoir. Cependant, je pense qu’il ne faut pas hésiter à adresser ce type de candidature car le directeur m’a bien signifié qu’ils conservaient ces C.V afin d’y puiser en cas de départ ou d’absence d’un enseignant. Il ne faut pas hésiter non plus à visiter le site web du C.F.A que vous visez : il peut regorger d’informations très utiles pour candidater voire d’offres d’emploi. S’il n’y a pas de dossier à remplir disponible sur le site, je pense qu’il serait judicieux de fournir une lettre de motivation très complète et très précise sur ses motivations mais aussi la façon dont on envisage l’enseignement. Les dossiers de candidature lorsqu’ils sont présents donnent un exemple de ce qui est attendu par les directeurs de C.F.A. Il ne faut pas hésiter à valoriser sur son C.V des expériences ayant trait à l’enseignement notamment si l’on a été maître de stage ou d’apprentissage.

Les conditions de travail 

Il apparaît que les postes de formateur en C.F.A à temps plein sont peu nombreux. Il y a donc souvent des temps partiels et parfois les pharmaciens ont d’autres activités en parallèle de l’enseignement. Je ne trouve pas d’informations suffisamment fiables sur la rémunération pour vous donner des chiffres ici ; il y a bel et bien une convention collective mais je n’y vois que la rémunération pour la partie liée à l’ancienneté et non le traitement de base. Je pense donc que cela dépend aussi du C.F.A où l’on est employé mais n’hésitez pas à me corriger si je me trompe. J’ai pu lire ça et là des salaires à 2400 euros brut pour un poste de titulaire mais là encore je n’ai pas les données sur le temps de travail correspondant à cela et je ne suis pas allée assez loin dans ma démarche personnelle pour avoir ces informations. Si j’arrive à en savoir plus, j’éditerai ce billet avec des informations vérifiées.

Avantages et inconvénients

A mon avis, les points positifs et négatifs sont les même que ceux évoqués dans le billet sur l’enseignement ici. Cependant, personnellement, j’ajouterais un gros point positif pour l’enseignement en C.F.A. Pharmacie celui d’avoir un rôle direct dans la formation des futurs professionnels de notre branche d’activité, proches de notre coeur de métier. Les enseignants en C.F.A forment les futurs préparateurs et contribuent donc à mon sens à façonner l’officine de demain. Ils peuvent donc être pleinement impliqués dans le tournant que doit aborder l’officine et dans les défis qu’elle devra relever.

Voilà ce que je peux dire de cette piste de reconversion, j’attends d’autre informations que je vous communiquerai au plus vite. Ce n’est encore une fois qu’une vision personnelle mais j’espère qu’elle vous sera utile. Comme d’habitude, n’hésitez pas à réagir en commentaires pour venir infirmer ou préciser mes propos, toutes vos réactions sont les bienvenues.

A très vite pour un nouveau billet.

 

 

 

Sources et liens :

Interview Pharméchange d’un enseignant en C.F.A pharmacie
Convention Collective des Formateurs en C.F.A
Fiche « Devenir Formateur » sur www.contratdapprentissage.fr

 

 

Reconversion des pharmaciens-adjoints en officine : devenir enseignant

Bonjour à toutes et tous !

En lisant vos mails et commentaires sur la reconversion des pharmaciens-adjoints, j’ai noté que bon nombre d’entre nous, las de nos conditions d’exercice et du manque de reconnaissance de notre travail, ont pensé à se reconvertir vers les métiers de l’enseignement. J’ai relevé beaucoup d’interrogations par rapport à l’accès au métier de professeur des écoles ou celui d’enseignant dans le secondaire. J’ai, par le passé, aussi sérieusement considéré cette voie de reconversion. Malheureusement, je n’ai pas retenu cette option malgré le fait que l’enseignement me soit toujours apparu comme un métier enrichissant et très épanouissant avec des valeurs fortes comme l’ouverture et la transmission. Avec un diplôme de pharmacien en poche, j’avais tout naturellement pensé au domaine des Sciences de la Vie qui sont enseignées au collège comme au lycée.  Cependant, après de nombreuses recherches, j’ai finalement cessé d’envisager l’enseignement dans le primaire ou le secondaire comme étant une possible voie de reconversion. Je voulais donc partager avec vous les raisons ou les obstacles qui m’ont poussée à ce renoncement. Ce billet n’est qu’un avis personnel pas forcément pertinent pour chacun d’entre-nous. Je ne veux absolument pas décourager des vocations néanmoins j’ai pensé que cet article pourrait répondre à certaines interrogations qui ressortent très souvent dans les commentaires ou les mails que je reçois.

En premier lieu, nous allons passer en revue quelques métiers de l’enseignement ainsi que les conditions d’accès à la profession. Je ne traiterai pas de la reconversion vers le métier de professeur agrégé (qui permet aussi d’enseigner dans les classes préparatoires) car cela me semble trop complexe et peut-être difficilement réalisable dans le cadre d’une reconversion. L’enseignement dans les établissements privés ainsi que dans les C.F.A Pharmacie feront l’objet d’un autre billet distinct à paraître.

Devenir enseignant

De manière générale, pour enseigner du premier au second degré général ou technologique, il faut passer un concours très sélectif dans l’académie dans laquelle on souhaite travailler par la suite. Etre titulaire d’un master ou d’un diplôme de niveau équivalent est l’une des voies qui permet de se présenter aux concours. Une fois ce précieux sésame en poche le postulant devient professeur-stagiaire et intègre une Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education (ESPE) pendant un an. La formation au sein de l’ESPE se fait en alternance, elle est donc à ce titre rémunérée.
Le choix de l’académie dans laquelle on souhaite passer le concours est déterminante car le professeur-stagiaire est nommé et affecté dans un département de l’académie dans laquelle il a réussi ledit concours. Le choix du département dépend ensuite des voeux du candidat et donc de son classement à l’épreuve.

Le professeur des écoles : il enseigne à l’école maternelle et primaire uniquement.  Le concours est le CRPE (Concours de Recrutement de Professeur des Ecoles).

Le professeur certifié : les professeurs qui enseignent en collège et lycée général sont titulaires du CAPES (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement Secondaire) ; ceux qui enseignent en lycée technologique sont titulaires du CAPET.
Pour le CAPES, celui qui semble le plus proche de notre formation de base est celui des Sciences de la Vie et de la Terre, quant au CAPET c’est celui en Biotechnologie option Biochimie-Génie biologique ou Santé-Environnement.

Enseigner dans les Etablissement Privés sous Contrat : les voies d’accès sont similaires au secteur public. Il faut passer les mêmes concours pour l’enseignement privé afin d’obtenir son agrément. Une différence notable est qu’il faut obtenir l’accord du chef d’établissement qui accueillera le professeur-stagiaire pendant un an avant de se présenter au concours.

Après cette très brève revue des voies d’accès à la profession, je vais donc lister les aspects de cette option de reconversion qui m’ont fait douter ou même abandonner cette piste.

Le salaire

Vous m’avez lue à de très nombreuses reprises me plaindre au sujet du salaire des adjoints dont le travail n’est à mon avis pas assez valorisé.  Eh bien, il faut savoir que les enseignants sont encore plus mal lotis et ce malgré leur niveau de qualification et le degré d’investissement que demande leur emploi. D’après les grilles de salaires visibles sur le site de l’Education Nationale, le salaire des enseignants est inférieur à celui des pharmaciens-adjoints. Une reconversion impliquerait donc une baisse de revenu qu’il faut avoir les moyens d’accuser. Cela dépend donc de la situation personnelle de chacun et ne découragera sûrement pas les plus motivés. Dans mon cas personnel,ce beau projet a donc heurté des considérations plus pragmatiques m’incitant à y renoncer.

Grille des salaires des professeurs certifiés
Grille des salaires des professeurs des écoles

Les concours :

L’accès à la profession se fait via des concours très sélectifs qui requièrent un niveau de master. Cela nécessite donc un important travail de remise à jour des connaissances acquises à l’université et sans doute un effort d’apprentissage conséquent. Même si nous sommes familiers avec les matières scientifiques comme la biologie et la chimie, il faudra « rafraîchir » l’ensemble de ces connaissances afin de rivaliser avec d’autres candidats titulaires de masters. Par ailleurs, un concours génère beaucoup de stress et d’incertitude mais encore une fois je pense que cela ne découragera pas les plus motivés car les exemples de reconversion réussies dans ce métier ne manquent pas.
Le CNED propose des préparations au CRPE ainsi qu’au CAPES de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT). En revanche, je n’ai pas vu de formation CNED pour le CAPET dans la section biotechnologie option Biochimie-Génie Biologique ou Santé-Environnement.

Pour revenir au CAPES SVT, il faut savoir que les épreuves du concours comptent bien- sûr des épreuves de géologie et autres Sciences de la Terre, or nous n’avons pas étudié ces matières dans notre cursus. Tout est donc à apprendre pour l’épreuve de géologie sans quasiment aucun pré-requis. Personnellement, c’est ce manque de connaissances en Sciences de la Terre qui m’a fait renoncer à cette voie ; pourtant c’est celle que je privilégiais parmi tous les métiers de l’enseignement.

Concernant le CAPET dans un domaine comme la biochimie par exemple, la théorie ne suffit pas. Il faut être très à l’aise avec les Travaux Pratiques qui tiennent une place très importante dans la formation des élèves en lycée technologique.  Cela peut constituer un frein pour l’accès à cette profession lorsque l’on est pas fraîchement émoulu de l’Université.

Trouver des financements :

Les formations dispensées par le CNED ont un coût non négligeable qu’il faut pouvoir financer. Dans un premier temps et afin de construire le projet il est opportun de recourir au conseil en évolution professionnelle (CEP) dispensé par les organismes agrées tels que l’APEC. Le CEP est un dispositif d’accompagnement gratuit et personnalisé proposé notamment aux salariés souhaitant engager un projet de reconversion. Les entretiens dans le cadre du CEP peuvent aider à organiser son projet et à connaître les divers interlocuteurs pouvant contribuer au financement (OPCA Actalians, Fongecif, etc …). La formation étant complexe et demandant un investissement important, il faut se renseigner sur ses possibilités de Congés Individuel de Formation (CIF) afin de pouvoir se consacrer à la préparation du concours. Dans tous les cas, les démarches auprès des différents organismes chargés de la formation sont à effectuer rapidement car elles peuvent être assez longues. En théorie, la reconversion pour un salarié doit être facilité par le biais de ces dispositifs mais en pratique ce n’est pas toujours le cas, les démarches sont chronophages et les projets pas toujours soutenus. Cependant, il faut noter que cela est valable pour tous les projets de reconversion pas seulement ceux dirigés vers les carrières de l’enseignement.

L’affectation géographique

Le département d’affectation des professeurs-stagiaires dépend directement de leur classement au concours. Il faut donc être mobile et éventuellement envisager un déménagement dans un autre département.  Malheureusement, en fonction de la situation personnelle de chacun cela n’est pas toujours possible et cela comporte son lot d’incertitudes. Mais une fois encore, cela pourra sembler un obstacle tout à fait mineur à d’autres.

Donc vous l’aurez compris cet article est vraiment une vision personnelle de cette voie de reconversion et j’attends bien-sûr vos avis ou retour d’expériences sur le sujet. Je n’ai pas parlé des points positifs ou des aspects qui m’ont fait envisagé ce beau métier car cela aurait été beaucoup trop long et sans doute inintéressant ! Je vous retrouve très vite pour un nouvel article dédié aux formations en Education Thérapeutique destinées aux pharmaciens d’Officine et vous remercie infiniment de m’avoir lue.

A bientôt pour un nouveau billet !

 

Sources et liens à consulter :
Devenir enseignant après une reconversion professionnelle
CAPES externe SVT
CAPET externe Biotechnologie
Enseigner dans une école privée sous contrat

Conseil en Evolution Professionnelle, page Actalians
Devenir enseignant, portail de l’Education Nationale
Enseigner en collège ou en lycée Général
Enseigner de la maternelle à la primaire : le CRPE
Enseigner en lycée Technologique : le CAPET