A quand de réelles réformes sur le rôle du pharmacien d’officine ?

Bonjour tout le monde !

Je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel article ! Mais je voudrais d’abord vous remercier toutes et tous qui m’avez envoyé vos très nombreuses réactions via le formulaire de contact et les commentaires. J’avoue que je ne m’y attendais pas du tout mais vous ne pouvez pas imaginer quel plaisir ce fut pour moi de découvrir tous ces mails tous plus adorables les uns que les autres et de lire vos histoires tellement proches de la mienne. Pour la première fois, j’ai le sentiment que la communauté « pharmacie » – au sens noble du terme –  existe vraiment et je m’y sens à ma place. En fait, je regrette même de ne pas l’avoir fait plus tôt.

Ceci étant dit,  je voudrais vous parler aujourd’hui des réformes du rôle du pharmacien d’officine. Peut-être que comme moi, vous avez été nombreux à être déçus par la loi HPST qui devait élargir nos attributions. Dans les faits, malheureusement, l’impact n’a été que très minime. Non seulement nos attributions factuelles n’ont pas été élargies mais le rôle de l’officinal dans la stratégie de soins n’a guère été valorisé. Nous n’avons toujours pas, à mon sens la reconnaissance de notre rôle et de nos compétences dans le réseau de soins et l’interprofessionalité est au point mort. De ce constat naît ce sentiment de frustration immense de compétences et de nombreuses années d’études universitaires gâchées, sentiment  que nous sommes nombreux à partager. J’ai eu un très grand nombre de mail de consœurs et confrères qui partagent mon point de vue dans leur quête de reconversion. Même si j’ai apprécié de partager notre désarroi, avec un peu de recul, je prends conscience que la profession de pharmacien d’officine est de moins en moins attractive et surtout que nous sommes de moins en moins nombreux à nous y épanouir. Dans ma faculté d’origine, avant l’instauration de la PACES (Première Année Commune aux Etudes de Santé), les candidats aux études de pharmacie en première année étaient au moins moitié moins nombreux qu’à mon époque !  J’aime beaucoup dialoguer avec d’autres pharmaciens sur Twitter et là-bas sont nées des discussions très riches au sein de la #Team Pharma : chacun y partage son expérience notamment  @TomPharma, un jeune pharmacien français qui a émigré au Québec et croyez-moi il est frappant de voir les différences entre les attributions d’un pharmacien Outre-Atlantique et celles d’un pharmacien en France.

En effet, au Québec, le pharmacien peut initier ou ajuster, selon une ordonnance, la thérapie médicamenteuse en recourant, le cas échéant, aux analyses de laboratoire appropriées. En France, nous ne sommes même pas autorisés à donner ne serait-ce qu’un début d’interprétation de bilan biologique à nos patients. Alors certes il y a les entretiens pharmaceutiques récemment mis en place mais leur recours est pour le moment très limité car ciblant encore trop peu de pathologies et notre rôle tel que défini par loi au sein même de ces entretiens reste très limité. De plus, les titulaires d’officine demeurent libres de les mettre en place ou non donc ça ne se fait pas dans toutes les officines actuellement. Le 20 Juin 2015 est entrée en vigueur au Québec la Loi 41 qui définit les nouvelles activités des pharmaciens leur permettant en outre de substituer un médicament en cas de rupture d’approvisionnement, de prescrire des médicaments pour certaines pathologies  mineures déjà diagnostiquées par un médecin (la liste étant très clairement définie) et d’administrer un médicament.

Toutes ces différences laissent à penser que nous avons d’énormes progrès à faire en la matière mais qu’il est urgent pour toute la profession que les choses changent et ce rapidement. La balle est dans notre camp, je crois qu’il nous appartient de faire bouger les choses.

Comme d’habitude mais aujourd’hui plus que jamais, je vous demande de ne pas hésiter à partager et commenter l’article. Je vous invite tous à nous rejoindre sur  Twitter  @LPharmacienne que vous soyez pharmacien, préparateur ou que vous souhaitiez simplement supporter l’officine. Je vous remercie encore mille fois pour m’avoir lu.

Sources :

http://www.opq.org/fr-CA/grand-public/nouvelles-activites-des-pharmaciens/
www.immigrer-au-quebec.com/pharmacien.pdf
Sans oublier les précieuses informations de @TomPharma et toute la #TeamPharma  sur Twitter.

 

 

Le statut des pharmaciens salariés en officine

Coucou tout le monde !

Encore un article pour m’indigner un peu et j’espère que vous en êtes pas lassés !  Aujourd’hui c’est du statut des pharmaciens salariés que je voudrais vous parler. Par quoi commencer, le sujet est si vaste que je pourrais en écrire des pages. Mais je vais essayer de rester succincte. Premier point et pas des moindres : le salaire ! Dans les grandes villes notamment et nous le savons les salaires sont tirés vers le bas. La concurrence fait rage, les facultés de pharmacie fournissent pléthore de stagiaires de 6ème année et d’étudiants à la recherche d’un emploi en officine pour parfaire leurs connaissances, acquérir de l’expérience et financer leurs études. A quand une étude sur les salaires des pharmaciens dans ces villes et sur le taux de chômage des pharmaciens et France et les disparités au sein même du territoire. Ici, la grille salariale n’est pas un minimum mais un standard, il est quasi impossible d’obtenir plus elle est appliqué à la lettre. Je lis beaucoup ça et là sur les forums notamment qu’un pharmacien ne devrait pas accepter de travailler en dessous d’un coefficient 500. Je peux vous confirmer que très souvent en ville le coefficient 500 n’est obtenu qu’à partir de 6 ans de travail. Même les DU ne confèrent plus la possibilité de prétendre à un salaire plus élevé que le minimum prévu par la grille. Alors, je trouve ça scandaleux ! Lorsque le titulaire part en congés ou est amené à s’absenter de l’officine, c’est nous les salariés qui faisons tourner l’officine avec toutes les responsabilités que cela implique en plus des responsabilités impliquées par notre rôle propre. Pour 2 000 euros par mois en débutant  je trouve cela un peu juste. Je cherche autour de moi d’autres professions ayant le même niveau de qualification et voués au même sort…j’ai du mal à trouver. Les autres professionnels de santé ayant un niveau d’études équivalent me paraissent bien mieux lotis. L’herbe est toujours plus verte ailleurs me direz-vous peut-être…

Autre point qui m’inquiète, davantage même, c’est le chômage parmi les pharmaciens ! Dans ma promotion il me reste encore d’anciens camarades qui n’ont pas trouvé d’emplois stables et doivent se contenter de CDD à temps partiels à répétition. D’autres encore ont du s’éloigner que ce soit en région parisienne ou à l’étranger pour trouver du travail. Depuis que je tiens ce blog de nombreux confrères et particulièrement consœurs m’ont fait part par mail de leur difficulté à trouver un emploi stable dans leur région. Ce n’est pas vraiment ce qu’on nous avait promis et vendu en premier année lorsque nous travaillions comme des dératés pour passer au travers d’un Numerus Clausus impitoyable. Numerus clausus censé, entre autres, nous garantir  l’accès au marché du travail. Ce n’est plus le cas.

Que dire de nos tâches quotidiennes ? Je pense que ça dépend beaucoup de l’officine dans laquelle on travaille. Mais pour ma part, je déplore le fait que l’adjoint n’ait pas plus son mot à dire dans la politique de soins menée par le titulaire ; qu’il ne puisse pas prendre plus d’initiatives et diversifier davantage son champ d’action. A mon sens, il y a même parfois une dérive car il faut parfois rappeler à son titulaire que l’exercice de la pharmacie est personnel et incessible mais à mon avis ça mérite un article à part entière.

Evidemment le salaire et le statut des préparateurs en pharmacie me révulse aussi ; peut-être même parfois plus encore, mais je là encore je crois que je pourrais écrire encore un article entier sur le sujet !

Merci encore à tous celles et ceux qui me liront et qui réagiront à cet article. N’hésitez pas à le faire en commentaire que votre opinion soit bonne ou mauvaise, je publie tout et je prends tout ce qui pourrait en plus m’aider à améliorer  mes contenus pour vous !

A très bientôt pour un article sur les réformes du statut de pharmacien.

Nos chers titulaires …

Coucou tout le monde, je reviens après une longue, voire très longue, absence pour de multiples raisons. Entre temps… j’ai travaillé, beaucoup travaillé, toujours dans ma petite officine de quartier. Et je me suis interrogée sur le statut et le métier de titulaire d’officine car comme le savez je ne suis que salariée. Nous avons le même diplôme et effectué les mêmes études,nous travaillons au sein de la même structure et pourtant la nature de nos tâches, notre quotidien et nos revenus sont si différents. Dans quel autre métier ou corps de métier une telle différence s’observe-t-elle ? Quand ce système sera-t-il réformé efficacement par nos politiques pour s’aligner sur le modèle d’association des autres professionnels de santé ? Je m’explique, pour moi le quotidien d’un assistant c’est le comptoir, debout la journée entière, avec entre deux conseils et lorsqu’on arrive à trouver deux minutes la paperasse (rejets, facturations locations,…) et toute la logistique liée aux commandes qui arrivent (déballage, mise à jour du stock, mise en rayon,…). Avec une phrase, répétée comme un mantra dès le premier stage en officine : LA PRIORITE C’EST LE COMPTOIR !

Je ne connais évidemment pas tous les titulaires et leurs façons de travailler donc je ne peux pas généraliser et je parle donc uniquement de ce que j’ai pu observer le plus fréquemment. Le titulaire donc passe le plus clair de son temps assis très confortablement dans son bureau ( parce que oui lui il a un bureau et la possibilité de s’asseoir ) à réaliser très certainement des tâches administratives de la plus haute importance du matin 8h00 au soir 20h00 sur son ordinateur quand ce n’est pas sur sa tablette. Lorsque bien sûr on n’aperçoit pas en fond Venteprivée.com ou Candy Crush Saga. Ce n’est pas l’essentiel de son travail : il reçoit également les délégués pharmaceutiques pour passer les commandes, ou plutôt pour discuter de tout et de rien, parler mutuellement de leurs vies personnelles, blaguer, boire des cafés et entre deux passer une commande. Il y a aussi les conversations téléphoniques personnelles interminables, bureau fermé, pour plus de confidentialité. Le comptoir, c’est à dose homéopathique, quand il y a une surcharge et qu’il ne faut pas trop faire attendre les patients ou quand le patient lui-même réclame le titulaire. Ah j’allais oublier il y a aussi les visites personnelles : amis, famille, etc… Un autre profil de titulaire est le titulaire fantôme qui part en week-end le jeudi et en revient le mardi.

J’ai aussi connu un titulaire qui travaillait comme un damné, faisait plus d’heures que n’importe qui dans l’équipe. Il faisait toutes les fermetures et ne s’octroyait qu’un samedi sur deux. Evidemment, il avait aussi du travail dans son bureau mais il était aussi beaucoup présent à nos côtés au comptoir ou au préparatoire. Les rendez-vous avec les commerciaux il les avait délégué à un préparateur en pharmacie expérimenté qui était alors désigné « responsable des achats ». Une belle preuve de confiance, de reconnaissance et de valorisation des compétences et de l’expérience. Tout ceci fonctionnait à merveille et il n’y avait pas de sentiment de frustration dans l’équipe, l’ambiance de travail s’en ressentait. Malheureusement je n’en ai connu qu’un seul.

Je regrette que les titulaires ne fassent pas plus confiance à leur équipe pour déléguer certaines tâches, les impliquer davantage dans la direction générale qu’ils veulent faire prendre à leur officine (pour ou contre les entretiens pharmaceutiques par exemple, comment on les met en place ?…), dans le processus de qualité à l’officine,etc…Cela aiderait à DIVERSIFIER et à VALORISER le métier de chacun. Etre titulaire comme n’importe quel chef d’entreprise demande du travail, beaucoup de travail et d’investissement mais aussi de la réflexion sur le management de l’équipe officinale. En effet, afficher ostensiblement qu’on ne fait rien devant une équipe qui sue et croule sous le poids du travail n’est peut-être pas la meilleure technique managériale qu’il soit.

Ce que je souhaiterais aussi c’est un peu plus de respect pour notre travail et surtout notre LIEU de travail qu’est l’officine. Ce n’est pas vraiment l’endroit pour recevoir ses copains/copines, rire à gorge déployée avec les représentants pendant des heures, avoir des conversations intimes et jouer à l’Ipad. Pourquoi même y venir pour ces activités ?

Donc voilà c’était une sorte de coup de gueule du moment, ça fait du bien de le dire, de l’écrire, d’accoucher de ses propres pensées frustrantes au quotidien. Ce ras-le bol de ce type fonctionnement, le manque de marge de manoeuvre par rapport  à la politique même de soins (en fait on a pas du tout notre mot à dire) sont une des raisons pour lesquelles la question de la reconversion professionnelle se pose…

A mes collègues assistants et préparateurs, vous en pensez quoi ? Vous avez déjà eu des moments où ce ras-le-bol s’est fait ressentir ? Aux autres professionnels, que vous inspire le schéma de fonctionnement de la pharmacie d’officine en France ?

Avant de vous quitter et de vous souhaiter une bonne semaine, je rappelle que je ne veux pas généraliser et que bien sûr certains titulaires sont des perles ! A très bientôt pour un nouvel article !

La pharmacienne en a parfois marre…d’être pharmacienne !

Coucou tout le monde !

Comme prévu je reviens avec un article que j’ai pas du tout préparé mais que je vais écrire avec l’inspi du moment. Ces temps-ci l’actualité de la pharmacie d’officine bouge beaucoup et agite les médias et les réseaux sociaux. Cela fait ressurgir dans ma tête quelques aspects de l’exercice officinal qui me fatiguent, qui m’épuisent, m’irritent et qui font qu’un jour je ne travaillerai plus en officine. Alors la pharmacienne, marre de quoi ?

Marre de devoir faire des « courbettes » sans arrêt y compris à des patients qui vont trop loin. Ils sont rares mais certains des fois nous manquent de respect, exigent l’impossible ou abusent du système. Prenons par exemple un patient qui exige qu’on le livre à tout heure de la journée parce que vous comprenez « moi je travaille, pas le temps de passer à la pharmacie ». Inutile de lui répéter à celui là qu’on est pas chez Darty, que les livraisons sont réservées aux patients alités qui ne peuvent se déplacer sinon « je change de pharmacie parce que celle que j’avais avant, elle au moins elle me livrait ». Un autre exemple, celui qui essaie de marchander sans arrêt des boites de Dexeryl ou de Voltarène en plus. Idem pour ceux qui manquent de respect, on doit bien-sûr tout de même leur venir en aide et répondre à leur demande dans tous les cas, ça c’est normal mais on ne peut pas se permettre de les recadrer ou de leur faire seulement remarquer que là ils vont un peu trop loin dans l’irrespect…Pareil il faut se taire et sortir son plus beau sourire-hypocrite parce que sinon, eh ben il ou elle va ailleurs.

Marre de ces personnes qui râlent parce que « chez vous il y a toujours du monde » et qu’il faut attendre son tour. Il vous le fait bien sentir en soufflant fort sans arrêt ou en s’approchant du comptoir au mépris des règles de confidentialité et du respect du patient que vous êtes en train de conseiller. Attendre dans la salle d’attente du médecin aucun problème mais chez le pharmacien, il manquerait plus que ça. Comme au McDo il faudrait servir vite, très vite tout en analysant l’ordonnance et en conseillant le patient en un temps record !

Marre de devoir accepter d’avancer tout et n’importe quoi y compris des antibiotiques quand le patient joue lui-même à l’apprenti médecin ou que le médecin lui a soit-disant dit de prendre ça au téléphone ! Où est notre rôle de pharmacien dans cet acte, oui ce rôle de prévention, de promotion de la santé publique et de bon usage du médicament ?

Marre de devoir « vendre » des produits cosmétiques comme Lierac, Caudalie et j’en passe qui à mon avis ont plus leur place en parfumerie qu’en officine ! Je ne suis pas formée pour être vendeuse, ce n’est pas le métier que je veux faire au quotidien. Alors oui ça m’horripile de devoir mettre en place des rayons, mettre en avant des produits, etc…C’est pas mon job et surtout ça m’intéresse pas du tout !

Marre des médecins qui lorsqu’on les appelle pour une interaction, une posologie, une contre-indication…bref qu’on fait notre boulot, nous prennent de haut : « je l’ai prescrit, non ? donc vous le délivrez !  » (je vous garantis que j’ai déjà eu ce type de réaction). Ils doivent vraiment nous penser complètement inutiles surtout devant leur omniscience et leur toute-puissance, on est juste là pour aller chercher les boîtes dans les tiroirs, juste ce geste mécanique ! Et pourtant, au pénal, la responsabilité médecin-pharmacien est bel et bien partagée la loi est claire c’est 50-50. A côté de ça, bien sûr et heureusement, il y a des médecins adorables avec qui c’est un plaisir de travailler. Je pense à une ou deux généralistes de mon quartier avec qui on est même devenues copines ! Elles nous remercient quand on a repéré quelque chose d’important, nous expliquent leur démarche quand ce n’est finalement pas le cas. Elles nous appellent quand elles savent que nous allons recevoir un de leur patient et qu’elles veulent qu’on insiste, nous aussi, sur un point pour renforcer leur discours ou pour des renseignements sur le patient (observance, compliance,…). Je pense aussi à ce cardiologue que j’appelle suite à un prescription qui m’accueille chaleureusement, qui me dit de ne pas hésiter à l’appeler et qu’en ce moment entre professionnels de santé il faut « qu’on se serre les coudes ».
Ce sont eux et l’interêt de ceux qu’on soigne qui nous motivent à pousser la collaboration interprofessionnelle qui est essentielle pour les patients. Mais il doit y avoir du respect mutuel et les conflits d’égo n’ont pas leur place dans ces discussions.

Enfin, voilà c’était un coup de gueule, en vrac comme ça me vient. Je continue car j’aime encore mon travail et surtout les patients dont beaucoup sont des habitués, avec qui je partage plein de choses, ils m’apprennent et m’apportent énormément au quotidien. Sans doute beaucoup plus qu’ils ne le pensent ! J’adore les aider, les conseiller, et leurs mercis toujours chaleureux suffisent pour le moment à effacer tous les autres aspects que je qualifie de « négatifs ».

Ce que je veux aussi ajouter c’est que tous ces aspects négatifs n’ont absolument rien à voir avec les titulaires qui sont eux aussi victimes de ceux que les politiques, au cours des années, ont fait de la pharmacie d’officine. Ils ne le font pas pour le plaisir mais aussi pour sauvegarder nos emplois. Ils sont contraints et je les comprends de veiller plus que jamais à la rentabilité de leur entreprise car le milieu de l’officine est devenu extrêmement concurrentiel, en ville en tout cas. Ceci les obligeant tout autant que nous salariés à se décentrer de leur mission principale et de l’essence même du pharmacien : le médicament.  C’est ce qu’on aime faire, ce pour quoi on est bons et ce pourquoi on est formé à la base. Mais entre la crème antirides miracle et le shampoing revitalisant l’opinion publique a tendance à l’oublier !

Merci de m’avoir lu ! A très vite !

Réforme des professions réglementées : la grogne des pharmaciens monte !

Coucou tout le monde !

 

Je profite de cette journée de farniente (c’est mon jour de repos) pour venir vous parler d’un sujet qui me tient à cœur et qui secoue l’actualité de l’officine : le projet de réforme des professions réglementées dont la pharmacie d’officine. C’est Emmanuel Macron, nouveau Ministre de l’Economie qui est en charge de cette réforme d’abord initiée, au moins dans l’idée, par Arnaud Montebourg. Pour la question de l’officine et de toutes les professions de santé, la Ministre Marisol Tourraine est également en charge du dossier.

Alors que prévoit cette réforme ?

Cette réforme fait en fait suite à un rapport de l’Inspection Générale des Finances qui pointe du doigt les rémunérations de certaines professions dites réglementées. De là à dire que ces honoraires faramineux ruinent le pouvoir d’achat des français, pour le gouvernement il n’y a qu’un pas !

leparisien.fr

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La réforme prévoit donc majoritairement deux mesures :

  • étendre aux grandes surfaces la vente de médicaments sans ordonnance ou ceux qui ne sont pas remboursés par la sécurité sociale.
  • Ouvrir le capital de toutes les SEL (Société d’Exercice Libéral) or sur 22 000 officines, près de 7 000 ont opté pour le statut de SEL…En fait cela signifierait que des non-pharmaciens puissent acquérir tout ou une partie des officines jusqu’à là réservées aux titulaires du D.E. de docteur en pharmacie.

 

Marisol Touraine se dit opposée à la perte du monopôle de la vente de médicaments par les pharmaciens mais les discussions se poursuivent entre le gouvernement, l’Ordre des pharmaciens avec à sa tête Mme Adenot et les syndicats.

Alors, oui bien sûr je suis 100 % contre cette réforme et ce d’abord pour nos patients : on ne connaît que trop bien les ravages de la vente de médicaments en supermarché aux Etats-Unis par exemple. NON on ne peut pas vendre des médicaments comme on vend du papier toilette ou des haricots en conserve ! Le conseil est primordial et la plupart des médicaments même ceux qui paraissent au public anodins sont en fait très dangereux !

De plus, je ne me vois pas, mais alors vraiment pas, travailler dans un supermarché. Et puis quoi encore ? Des années de sacrifice à la fac, une vocation, et une foi inébranlable dans les compétences et le caractère irremplaçable du pharmacien pour finir à genoux devant les rois ultra-capitalistes du profit ! NON santé et profit démesurés comme ceux de la grande distribution ne font pas bon ménage !

Je ne me vois pas non plus travailler pour des grandes chaines de pharmacie comme si on était une franchise Mc Do ou des grands groupes internationaux. La pharmacie doit garder son indépendance !

Alors oui moi aussi je ferai grève le 30 Septembre prochain et j’irai manifester avec tous mes confrères et consoeurs. Tous nos patients sont de notre côté, ils nous soutiennent et ça fait plaisir. Ils signent notre pétition de l’USPO en masse !

Il y a juste une chose qui m’irrite un peu dans toute cette agitation notamment sur la toile quand on parle de la rémunération d’une officine en fonction du prix du médicament par exemple en disant qu’il est l’un des plus faibles d’Europe. AVEZ-VOUS OUBLIE LES PHARMACIENS SALARIES ???? NON NOUS NE SOMMES PAS TOUS TITULAIRES DE NOTRE PROPRE OFFICINE, QUE DEVONS-DIRE DE NOS SALAIRES ??? Oui nous les assistants ou adjoints, ça fait longtemps que l’on on aurait du faire grève car on a, je pense des choses à revendiquer : nous sommes indispensables pour faire tourner l’officine et pourtant notre salaire n’a rien mais alors rien à voir avec le salaire des titulaires ! La nature de nos tâches quotidiennes non plus ! C’est cet aspect en dépit de la valeur que j’accorde à mes patients, aux conseils que je leur donne qui me fait parfois penser à une reconversion. D’où mon article sur le sujet !

Voilà je pense avoir dit tout ce que je pensais sur tout ça ! Et vous vous en pensez quoi ? Pour les patients et clients des officines aussi bien que pour les officinaux : donnez votre avis !

Bien à vous et à très vite

La reconversion professionnelle des pharmaciens d’officine (1), vous y avez déjà pensé ?

Avez-vous déjà pensé à la reconversion professionnelle ? Parce que moi personnellement, oui, parfois j’y pense. Le contexte étant de plus en plus difficile pour les pharmaciens d’officine,…sans compter que les postes durables en CDI se font de plus en plus rares et les rémunérations des adjoints tirées vers le bas. Tout du moins dans les villes universitaires…mais je vous ferai un article complet consacré à tout cela. Pour en revenir à nos moutons, j’ai fait des recherches sur les possibilités qui s’offrent aux pharmaciens d’officine et je n’ai pas trouvé grand-chose. Je trouve que les possibilités sont assez limitées ! J’ai également fait le tour des forums comme supergélule, pharm-emploi, eugénol, pharmechange, etc…Honnêtement, je n’ai pas trouvé de réponse satisfaisante mais je voulais quand même vous lister mes trouvailles et mon opinion sur chacune d’elle :

 

  • La répartition: oui mais les postes sont rares ou trop rares pour miser un changement de carrière dessus. De plus, pour certains postes une formation complémentaire en commerce (que je n’ai pas) est demandée.

 

  • L’industrie: là aussi presque toujours une formation complémentaire est demandée (master qualité, affaires réglementaires,…).

 

  • Cliniques, EHPAD,…: c’est ce qui me plairait le plus mais la plupart des offres d’emploi sont pour des postes en remplacement d’un congés maternité, maladie,…

 

  • Journalisme et communication scientifique: ces métiers paraissent très enrichissants mais là encore les postes sont rares. Certaines écoles de journalisme comme celle de Marseille proposent des formations destinées aux professionnels de santé pour accéder à ces diplômes.

 

  • Enseignement : il faut travailler dur, passer des concours et être prêt à être affecté à un poste dans une région où l’on a pas forcément envie d’aller,…Reste les établissements privés qui recrutent parfois des enseignants sans le CAPES et autres diplômes de l’enseignement. Je trouve que ce sont des métiers passionnants à condition d’avoir une réelle motivation.

 

Voilà pour ce que l’on retrouve le plus souvent sur internet lorsque l’on cherche des infos sur le sujet. Pour être honnête, rien de tout cela ne me tente vraiment excepté l’enseignement !  Autour de moi j’ai vu des pharmaciens devenus enseignants, agents immobiliers, etc … Donc je pense qu’il faut trouver sa voie et ne pas forcément vouloir à tout prix faire un métier où l’on engage son diplôme. En fait, il faut penser aux compétences et aux connaissances que l’expérience et la formation nous ont apportés de manière plus générale !  Je pense qu’un bilan de compétence aide à y voir plus clair et à affiner son projet mais il n’est pas toujours possible de le réaliser. Pour ma part, je continue à réfléchir sans que ce soit une priorité, je me laisse le temps. Je souhaiterais continuer à travailler dans le milieu de la santé, c’est très important, capital même pour moi. Et vous ? Peu importe votre profession, pharmacien ou non, avez-vous déjà pensé à une reconversion ? Laquelle ? Pour les reconvertis n’hésitez pas à partager votre expérience. Dites-moi tout ça en commentaire !
Bien à vous, à très vite pour un prochain article.

PS : la suite de cet article est ici.