Le statut des pharmaciens salariés en officine

Coucou tout le monde !

Encore un article pour m’indigner un peu et j’espère que vous en êtes pas lassés !  Aujourd’hui c’est du statut des pharmaciens salariés que je voudrais vous parler. Par quoi commencer, le sujet est si vaste que je pourrais en écrire des pages. Mais je vais essayer de rester succincte. Premier point et pas des moindres : le salaire ! Dans les grandes villes notamment et nous le savons les salaires sont tirés vers le bas. La concurrence fait rage, les facultés de pharmacie fournissent pléthore de stagiaires de 6ème année et d’étudiants à la recherche d’un emploi en officine pour parfaire leurs connaissances, acquérir de l’expérience et financer leurs études. A quand une étude sur les salaires des pharmaciens dans ces villes et sur le taux de chômage des pharmaciens et France et les disparités au sein même du territoire. Ici, la grille salariale n’est pas un minimum mais un standard, il est quasi impossible d’obtenir plus elle est appliqué à la lettre. Je lis beaucoup ça et là sur les forums notamment qu’un pharmacien ne devrait pas accepter de travailler en dessous d’un coefficient 500. Je peux vous confirmer que très souvent en ville le coefficient 500 n’est obtenu qu’à partir de 6 ans de travail. Même les DU ne confèrent plus la possibilité de prétendre à un salaire plus élevé que le minimum prévu par la grille. Alors, je trouve ça scandaleux ! Lorsque le titulaire part en congés ou est amené à s’absenter de l’officine, c’est nous les salariés qui faisons tourner l’officine avec toutes les responsabilités que cela implique en plus des responsabilités impliquées par notre rôle propre. Pour 2 000 euros par mois en débutant  je trouve cela un peu juste. Je cherche autour de moi d’autres professions ayant le même niveau de qualification et voués au même sort…j’ai du mal à trouver. Les autres professionnels de santé ayant un niveau d’études équivalent me paraissent bien mieux lotis. L’herbe est toujours plus verte ailleurs me direz-vous peut-être…

Autre point qui m’inquiète, davantage même, c’est le chômage parmi les pharmaciens ! Dans ma promotion il me reste encore d’anciens camarades qui n’ont pas trouvé d’emplois stables et doivent se contenter de CDD à temps partiels à répétition. D’autres encore ont du s’éloigner que ce soit en région parisienne ou à l’étranger pour trouver du travail. Depuis que je tiens ce blog de nombreux confrères et particulièrement consœurs m’ont fait part par mail de leur difficulté à trouver un emploi stable dans leur région. Ce n’est pas vraiment ce qu’on nous avait promis et vendu en premier année lorsque nous travaillions comme des dératés pour passer au travers d’un Numerus Clausus impitoyable. Numerus clausus censé, entre autres, nous garantir  l’accès au marché du travail. Ce n’est plus le cas.

Que dire de nos tâches quotidiennes ? Je pense que ça dépend beaucoup de l’officine dans laquelle on travaille. Mais pour ma part, je déplore le fait que l’adjoint n’ait pas plus son mot à dire dans la politique de soins menée par le titulaire ; qu’il ne puisse pas prendre plus d’initiatives et diversifier davantage son champ d’action. A mon sens, il y a même parfois une dérive car il faut parfois rappeler à son titulaire que l’exercice de la pharmacie est personnel et incessible mais à mon avis ça mérite un article à part entière.

Evidemment le salaire et le statut des préparateurs en pharmacie me révulse aussi ; peut-être même parfois plus encore, mais je là encore je crois que je pourrais écrire encore un article entier sur le sujet !

Merci encore à tous celles et ceux qui me liront et qui réagiront à cet article. N’hésitez pas à le faire en commentaire que votre opinion soit bonne ou mauvaise, je publie tout et je prends tout ce qui pourrait en plus m’aider à améliorer  mes contenus pour vous !

A très bientôt pour un article sur les réformes du statut de pharmacien.

16 réflexions sur “Le statut des pharmaciens salariés en officine

  1. Garde en mémoire ton billet pour le relire quand tu t’installeras.

    Je me suis souvent dit que je ne serai pas le titulaire que j’ai moi même eu comme patron ,que je « tuerai le père « ; mais les choses sont parfois plus complexes et en fait si simple : RENTABILITÉ .

    Tes choix sont guidés par ce mot ,ton stress évolue avec ton EBE, et tu en oublies ta promesse : ne jamais devenir ton ex titulaire .

    Imagine : tu vois tu es installé depuis ,par ex 5 ans , et tu vois ton activité suivre une involution structurelle-le découvert guette ton compte courant .
    Tu dois embaucher: ne profiteras tu pas de l’aubaine qui permet de baisser les coeff pour recruter ton futur adjoint ? Honnêtement ?

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  2. le problème se situe bien là… réfléchir à un autre statut qui tirerait moins vers « commerçant » mais plus vers pro de santé avec une tarification à l’acte qui y serait attachée; selon la complexité, qui serait revalorisé au fil du temps (pas comme le C des médecins) pour ne pas être inciter à multiplier ces actes à la chaîne

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    • Tout à fait d’accord avec ton commentaire Alexandra et je suis complètement pour une tarification à l’acte qui romprait avec une image mercantile de la pharmacie. On attend une réforme qui irait dans son sens de pied ferme. Je pense que c’est la seule réforme qui pourrait vraiment « sauver » l’officine. Merci beaucoup pour être passée par ici et pour ton commentaire.

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  3. Bonjour, la situation des vétérinaires me semble parfois similaire à la vôtre, bien qu’elle soit très différente selon les régions et le domaine d’activité. 2000 € pour commencer ça m’aurait bien convenu ! Et la convention collective est aussi une base rarement dépassée. Mais la situation des libéraux installés n’est pas toujours plus enviable que celle de leurs salariés ! Quant à la facilité de trouver un travail stable dans sa région après un concours d’entrée sévère à l’entrée dans les écoles, c’est là encore très variable. Il y a dans les grandes villes des offres d’emploi pour un jour par semaine plus vacances scolaires… Mais je ne me plains pas, par rapport au reste de la société nous restons privilégiés. Voilà mon témoignage !

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    • Tout d’abord merci de m’avoir lue et merci pour ce commentaire. J’aimerais partager votre optimisme, sincèrement, c’est ce qu’il faut pour avancer et continuer à faire notre métier tous les jours. Je veux parler de ne pas toujours voir le verre à moitié vide ou de croire trop souvent que l’herbe est plus verte ailleurs. Malheureusement, j’ai vraiment du mal, je n’y crois plus vraiment. Je pense réellement que les adjoints sont de manière générale moins bien lotis que leurs titulaires. Mais je vais essayer d’éclaircir un peu ma vision des choses…Merci encore.

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  4. Tellement vrai…J’ai moi même rédigé un coup de gueule à ce sujet il y a quelques semaines, et on se rejoint sur beaucoup de points. Je pense avoir été plus amère encore dans mes propos et avoir évoqué le cruel manque de considération pour notre statut. A part nous faire faire des heures pour eux mêmes en faire peu et se payer grassement, pas grand chose d’autre ne semble intéresser certains titulaires, malgré les belles promesses faites en nous embauchant…

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      • Je n’ai pas de lien pour mon coup de gueule mais je peux le transmettre par mail, car j’en ai tout de même écrit une vingtaine de pages si mon souvenir est exact…^^ Je crois que j’en avais vraiment marre …

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      • Je suis evidemment preneuse et je lirai avec beaucoup d’interet. Oui tu devais en avoir marre mais au moins c’est une trace authentique de ce que tu ressentais. C’est très interessant car on a tous ces moments de blues de ras-le-bol donc on se sent moins seul(e) en lisant consoeurs et confrères.
        Le mail du blog : leblogdunepharmacienne@gmail.com

        A bientôt.

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  5. Chère pharmacienne

    Votre témoignage est important et témoigne d’une réalité installée depuis maintenant quelques années.

    Le double problème des revenus et de l emploi en officine a une cause double :
    1- L’augmentation du nombre de diplômés
    Entre 2003 et 2007, le numerus clausus des admis en 2ème année a progressé de 40%, passant de 2200 à près de 3100 admis par an, causant de facto une progression de 40% du nombre de diplômés entre 2008 et 2012.
    Cet augmentation a été justifiée a l’époque par le conseil de l’ ordre, en raison de grandes difficultés à recruter un adjoint dans les zones rurales et surtout par un effectif important de pharmaciens ayant plus de 45 ans en 2005, afin de renouveller ceux ci après leur départ en retraite. La question que l’on entendait à l’époque était « Mais qui va reprendre mon officine ??? »

    2- L’érosion de la marge à partir de 2008-09.
    Ce facteur a eu des effets délétères sur les officines reprises entre 2003 et 2008 et dont le plan de financement était basé sur une progression continue de l’économie de l’officine.
    A partir de cette date, le travail à temps partiel des adjoints a émergé pour limiter au maximum la masse salariale. Il atteint maintenant 40 % des diplômés de moins de 35 ans

    Les deux facteurs (augmentation de l’effectif de diplômés et diminution de la masse salariale) sont donc apparus de façon synchrone : c’est ce que l’on appelle un EFFET-CISAILLE
    Alors qu’avant 2008, les adjoints avaient les cartes en main pour changer d’officine et pour avoir une mobilité; ce sont maintenant (depuis 2012) les titulaires qui ont les cartes maitresses et qui recoivent parfois plus de 30 CV lors d’un recrutement sur un poste d’adjoint. Devant la concurrence, les recrutés sont sommés d’accepter un coefficient au rabais. Dans certains cas, le temps partiel proposé concerne uniquement les tranches horaires de 17-19h30 et le samedi. On atteint donc des salaires nets de 1400 euros ce qui n’est pas corrélé avec un Bac +6 + concours sensé protéger l’emploi + thèse.

    Outre l’effet au niveau de l’emploi et des salaires, la conséquence la plus problématique à long terme concerne l’attractivité pour cette profession, parmi les autres professions de Santé. Pour mesurer cette attractivité, l’indicateur le plus précis est la note moyenne du dernier reçu en fin de 1ere année dans différentes filières. D’une façon générale sur chaque université, cette note moyenne du dernier reçu en pharmacie est de 1 point /20 inférieure à la formation de sage-femme et 2 points / 20 inférieure aux formations de kiné, odontologie et de médecine.

    D’ici 5 à 7 ans, les pharmaciens « agès » actuellement de plus de 55 ans (qui sont encore un effectif important), seront en retraite et le nombre de diplômés nécessaire pour renouveler la profession diminuera mécaniquement de 20 %, si aucune nouvelle mission n’est attribuée au pharmaciens.
    Il est donc important pour l’Ordre de mener une réflexion sur le nombre de diplômes nécessaires et sur les nouvelles compétences du pharmacien, ses missions supplémentaires permettant de justifier sa présence par rapport aux préparateurs.

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  6. Coucou Millot et merci pour ce commentaire très riche et vraiment très instructif. Ton post est utile à tout le monde pour comprendre ce qui se passe et pourquoi nous en sommes là. Je partage ton avis sur l’une des « solutions » envisageables : que l’Ordre réduise le NC et travaille à l’attribution de nouvelles missions. J’ajouterais aussi une tarification à l’acte qui me parait essentielle. Merci encore.

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  7. Après avoir enchainé les CDD pendant un an après l’obtention de mon diplôme, j’ai bossé 3 ans et demi en clinique. J’enchaine actuellement les CDD depuis un an en officine. En 3 ans, l’exercice du pharmacien d’officine n’a pas beaucoup changé à mon goût. J’ai surtout l’impression d’être une commerçante alors que je me considère comme un professionnel de santé. je trouve inadmissible le fait que dans certaines pharmacies, le titulaire impose de vendre plusieurs boîtes par client à chaque demande de conseil. Nous devons prendre exemple sur le Canada avec la tarification à l’acte au lieu d’être payé en fonction du prix de la boite car cela n’a aucun sens. Mais à mon avis, certains ne sont pas près à évoluer surtout pour revendre leur pharmacie à prix d’or!!! La reconversion me guette!

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  9. Chère pharmacienne,

    Je suis une future expert-comptable et filles de pharmaciens très fiers de leur métier, qui ont gagné pas mal d’argent (en étant propriétaires de leurs officines) et qui sont notamment passés par l’industrie pharmaceutique. Je gagne plutôt mal ma vie (à peine 1800 net en DEC) et je vous ordonne de ne pas désespérer. Pourquoi ne pas essayer de rentrer dans un labo familial avec de la place?? Soyez fiers d’être pharmacien au vue de vos compétences techniques et de la difficulté de votre diplôme et essayer de voir ce que vous aimez le plus. Je suis encore en DEC et j’alterne des périodes de déprimes aussi car je trouve mon métier pour l’instant assez minable…

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  10. On n’est pas moins bien loti que les autres professions… La plupart des cadres démarrent à 2000€ maintenant, les dentistes et les vétérinaires sont parfois à peine au SMIC…

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