Les conseils du pharmacien dans la prise en charge des Nausées et vomissements chimio-induits.

Les nausées et vomissements sont malheureusement des effets secondaires bien connus des patientes sous chimiothérapie. Ils sont fréquents et peuvent être prévenus ou du moins atténués par des médicaments prescrits par l’oncologue souvent en suivant un protocole bien précis. Malgré cela, il y a toujours des petits conseils, de simples mesures hygiéno-diététiques que l’on peut donner en complément uniquement car ils ne remplaceront évidemment jamais les traitements médicamenteux. Il s’agit en fait de deux approches complémentaires. Ces conseils sont faciles à mettre en place et peuvent améliorer le confort des patientes de manière significative. Assez parlé, place aux conseils :

  • Fractionnez les principaux repas en petits repas plutôt que essayer de manger un repas copieux en une seule fois.
  • Faites des repas froids pour éviter les fortes odeurs (par exemple le simple fait de ne pas réchauffer son plat au micro-ondes permet de réduire les odeurs et les nausées qui les accompagnent).
  • Mangez toujours très lentement.
  • Consommez des boissons à son goût entre les repas : eau, infusions, jus de pomme, sodas non gazeux,…Faites-vous PLAISIR !
  • Utilisez, si besoin, une paille dans une tasse fermée pour faciliter les petites gorgées et éviter les odeurs des boissons chaudes.
  • Maintenez une position assise pendant 30 min après le repas, si ce n’est vraiment pas possible, il faut alors privilégier le côté droit en position couchée pour favoriser la vidange gastrique.

Il faut rester très vigilante car parfois  les nausées et vomissements finissent par engendrer une perte d’appétit, il faut alors immédiatement en parler avec son médecin. Ce dernier pourra en effet prescrire, s’il le juge nécessaire, des compléments alimentaires. Il en existe dans des goûts et des consistances très variés qui rendent ces boissons, soupes ou crèmes, finalement agréables à prendre. On peut aussi conseiller toujours en complément de ce traitement :

  • Toujours veiller à bien s’hydrater et donc à boire suffisamment. C’est capital.
  • N’hésitez pas à enrichir votre alimentation en privilégiant les aliments à haute densité calorique : pain, pommes de terre, riz,…
  • Suivez à la lettre tous les conseils nutritionnels du médecin ainsi que la prescription qu’il a élaboré pour vous.

Comme toujours je rappelle que ces conseils ne se substituent en rien à ceux donnés par votre médecin traitant, votre oncologue, votre pharmacien,…Bien au contraire il s’agit d’inciter à ne pas hésiter à demander aide et conseils auprès de ces professionnels de santé. Ce n’est pas non plus une liste exhaustive et j’aimerais beaucoup que des patientes et des professionnels viennent compléter  (ou même l’inverse !!) cette liste.

Pour finir, dernier conseil, avant de partir :

  • N’hésitez surtout pas à demander des informations à votre pharmacien lors de la délivrance de votre traitement contre les nausées et vomissements. Notamment sur les effets secondaires possibles. Il pourra vous conseiller pour lutter contre ces effets et ainsi mieux vivre votre traitement. Cet entretien pourra être l’occasion de faire le point sur votre ressenti du point de vue nausées/vomissements, sur l’appétit, etc …Le pharmacien pourra alors vous conseiller voire vous orienter vers une consultation médicale.

L’acupuncture dans tout ça ?

Pour être tout à fait honnête, je ne connais pas beaucoup la méthode et les résultats de cette médecine alternative dans ce cas précis. Je n’ai en effet pas encore rencontré de patiente ayant eu recours à cette technique donc je n’ai pas de retour. Mais ce que je sais c’est que cette méthode comporte très peu et de très rares effets indésirables. De plus, l’AFSOS (Association Française pour les Soins Oncologiques de Support) plébiscite l’utilisation de l’acupuncture dans l’un de ses référentiels et la présente comme  contribuant à lutter efficacement contre les nausées et vomissements chimio-induits à n’importe quel moment de la chimiothérapie. Bien sûr, l’AFSOS rappelle que l’acupuncture ne peut que COMPLETER  les traitements médicamenteux et les mesures hygiéno-diététiques sans se substituer à eux.

Donc pourquoi ne pas recueillir l’avis de son médecin traitant ou de son oncologue ? Après quoi, vous pouvez également demander l’avis de votre pharmacien qui a peut-être déjà eu des retours de patientes très positifs sur cette méthode et peut vous en faire part ; ce qui peut vous aider à prendre votre décision.

Voilà, j’espère que cet article n’est pas trop long ou trop pénible à lire. Comme toujours j’attends et espère vos réactions, vos propres conseils  et expériences que vous soyez patientes, professionnels de santé ou encore aidant/accompagnant.

A très vite pour un nouvel article !

Nos chers titulaires …

Coucou tout le monde, je reviens après une longue, voire très longue, absence pour de multiples raisons. Entre temps… j’ai travaillé, beaucoup travaillé, toujours dans ma petite officine de quartier. Et je me suis interrogée sur le statut et le métier de titulaire d’officine car comme le savez je ne suis que salariée. Nous avons le même diplôme et effectué les mêmes études,nous travaillons au sein de la même structure et pourtant la nature de nos tâches, notre quotidien et nos revenus sont si différents. Dans quel autre métier ou corps de métier une telle différence s’observe-t-elle ? Quand ce système sera-t-il réformé efficacement par nos politiques pour s’aligner sur le modèle d’association des autres professionnels de santé ? Je m’explique, pour moi le quotidien d’un assistant c’est le comptoir, debout la journée entière, avec entre deux conseils et lorsqu’on arrive à trouver deux minutes la paperasse (rejets, facturations locations,…) et toute la logistique liée aux commandes qui arrivent (déballage, mise à jour du stock, mise en rayon,…). Avec une phrase, répétée comme un mantra dès le premier stage en officine : LA PRIORITE C’EST LE COMPTOIR !

Je ne connais évidemment pas tous les titulaires et leurs façons de travailler donc je ne peux pas généraliser et je parle donc uniquement de ce que j’ai pu observer le plus fréquemment. Le titulaire donc passe le plus clair de son temps assis très confortablement dans son bureau ( parce que oui lui il a un bureau et la possibilité de s’asseoir ) à réaliser très certainement des tâches administratives de la plus haute importance du matin 8h00 au soir 20h00 sur son ordinateur quand ce n’est pas sur sa tablette. Lorsque bien sûr on n’aperçoit pas en fond Venteprivée.com ou Candy Crush Saga. Ce n’est pas l’essentiel de son travail : il reçoit également les délégués pharmaceutiques pour passer les commandes, ou plutôt pour discuter de tout et de rien, parler mutuellement de leurs vies personnelles, blaguer, boire des cafés et entre deux passer une commande. Il y a aussi les conversations téléphoniques personnelles interminables, bureau fermé, pour plus de confidentialité. Le comptoir, c’est à dose homéopathique, quand il y a une surcharge et qu’il ne faut pas trop faire attendre les patients ou quand le patient lui-même réclame le titulaire. Ah j’allais oublier il y a aussi les visites personnelles : amis, famille, etc… Un autre profil de titulaire est le titulaire fantôme qui part en week-end le jeudi et en revient le mardi.

J’ai aussi connu un titulaire qui travaillait comme un damné, faisait plus d’heures que n’importe qui dans l’équipe. Il faisait toutes les fermetures et ne s’octroyait qu’un samedi sur deux. Evidemment, il avait aussi du travail dans son bureau mais il était aussi beaucoup présent à nos côtés au comptoir ou au préparatoire. Les rendez-vous avec les commerciaux il les avait délégué à un préparateur en pharmacie expérimenté qui était alors désigné « responsable des achats ». Une belle preuve de confiance, de reconnaissance et de valorisation des compétences et de l’expérience. Tout ceci fonctionnait à merveille et il n’y avait pas de sentiment de frustration dans l’équipe, l’ambiance de travail s’en ressentait. Malheureusement je n’en ai connu qu’un seul.

Je regrette que les titulaires ne fassent pas plus confiance à leur équipe pour déléguer certaines tâches, les impliquer davantage dans la direction générale qu’ils veulent faire prendre à leur officine (pour ou contre les entretiens pharmaceutiques par exemple, comment on les met en place ?…), dans le processus de qualité à l’officine,etc…Cela aiderait à DIVERSIFIER et à VALORISER le métier de chacun. Etre titulaire comme n’importe quel chef d’entreprise demande du travail, beaucoup de travail et d’investissement mais aussi de la réflexion sur le management de l’équipe officinale. En effet, afficher ostensiblement qu’on ne fait rien devant une équipe qui sue et croule sous le poids du travail n’est peut-être pas la meilleure technique managériale qu’il soit.

Ce que je souhaiterais aussi c’est un peu plus de respect pour notre travail et surtout notre LIEU de travail qu’est l’officine. Ce n’est pas vraiment l’endroit pour recevoir ses copains/copines, rire à gorge déployée avec les représentants pendant des heures, avoir des conversations intimes et jouer à l’Ipad. Pourquoi même y venir pour ces activités ?

Donc voilà c’était une sorte de coup de gueule du moment, ça fait du bien de le dire, de l’écrire, d’accoucher de ses propres pensées frustrantes au quotidien. Ce ras-le bol de ce type fonctionnement, le manque de marge de manoeuvre par rapport  à la politique même de soins (en fait on a pas du tout notre mot à dire) sont une des raisons pour lesquelles la question de la reconversion professionnelle se pose…

A mes collègues assistants et préparateurs, vous en pensez quoi ? Vous avez déjà eu des moments où ce ras-le-bol s’est fait ressentir ? Aux autres professionnels, que vous inspire le schéma de fonctionnement de la pharmacie d’officine en France ?

Avant de vous quitter et de vous souhaiter une bonne semaine, je rappelle que je ne veux pas généraliser et que bien sûr certains titulaires sont des perles ! A très bientôt pour un nouvel article !