La pharmacienne en a parfois marre…d’être pharmacienne !

Coucou tout le monde !

Comme prévu je reviens avec un article que j’ai pas du tout préparé mais que je vais écrire avec l’inspi du moment. Ces temps-ci l’actualité de la pharmacie d’officine bouge beaucoup et agite les médias et les réseaux sociaux. Cela fait ressurgir dans ma tête quelques aspects de l’exercice officinal qui me fatiguent, qui m’épuisent, m’irritent et qui font qu’un jour je ne travaillerai plus en officine. Alors la pharmacienne, marre de quoi ?

Marre de devoir faire des « courbettes » sans arrêt y compris à des patients qui vont trop loin. Ils sont rares mais certains des fois nous manquent de respect, exigent l’impossible ou abusent du système. Prenons par exemple un patient qui exige qu’on le livre à tout heure de la journée parce que vous comprenez « moi je travaille, pas le temps de passer à la pharmacie ». Inutile de lui répéter à celui là qu’on est pas chez Darty, que les livraisons sont réservées aux patients alités qui ne peuvent se déplacer sinon « je change de pharmacie parce que celle que j’avais avant, elle au moins elle me livrait ». Un autre exemple, celui qui essaie de marchander sans arrêt des boites de Dexeryl ou de Voltarène en plus. Idem pour ceux qui manquent de respect, on doit bien-sûr tout de même leur venir en aide et répondre à leur demande dans tous les cas, ça c’est normal mais on ne peut pas se permettre de les recadrer ou de leur faire seulement remarquer que là ils vont un peu trop loin dans l’irrespect…Pareil il faut se taire et sortir son plus beau sourire-hypocrite parce que sinon, eh ben il ou elle va ailleurs.

Marre de ces personnes qui râlent parce que « chez vous il y a toujours du monde » et qu’il faut attendre son tour. Il vous le fait bien sentir en soufflant fort sans arrêt ou en s’approchant du comptoir au mépris des règles de confidentialité et du respect du patient que vous êtes en train de conseiller. Attendre dans la salle d’attente du médecin aucun problème mais chez le pharmacien, il manquerait plus que ça. Comme au McDo il faudrait servir vite, très vite tout en analysant l’ordonnance et en conseillant le patient en un temps record !

Marre de devoir accepter d’avancer tout et n’importe quoi y compris des antibiotiques quand le patient joue lui-même à l’apprenti médecin ou que le médecin lui a soit-disant dit de prendre ça au téléphone ! Où est notre rôle de pharmacien dans cet acte, oui ce rôle de prévention, de promotion de la santé publique et de bon usage du médicament ?

Marre de devoir « vendre » des produits cosmétiques comme Lierac, Caudalie et j’en passe qui à mon avis ont plus leur place en parfumerie qu’en officine ! Je ne suis pas formée pour être vendeuse, ce n’est pas le métier que je veux faire au quotidien. Alors oui ça m’horripile de devoir mettre en place des rayons, mettre en avant des produits, etc…C’est pas mon job et surtout ça m’intéresse pas du tout !

Marre des médecins qui lorsqu’on les appelle pour une interaction, une posologie, une contre-indication…bref qu’on fait notre boulot, nous prennent de haut : « je l’ai prescrit, non ? donc vous le délivrez !  » (je vous garantis que j’ai déjà eu ce type de réaction). Ils doivent vraiment nous penser complètement inutiles surtout devant leur omniscience et leur toute-puissance, on est juste là pour aller chercher les boîtes dans les tiroirs, juste ce geste mécanique ! Et pourtant, au pénal, la responsabilité médecin-pharmacien est bel et bien partagée la loi est claire c’est 50-50. A côté de ça, bien sûr et heureusement, il y a des médecins adorables avec qui c’est un plaisir de travailler. Je pense à une ou deux généralistes de mon quartier avec qui on est même devenues copines ! Elles nous remercient quand on a repéré quelque chose d’important, nous expliquent leur démarche quand ce n’est finalement pas le cas. Elles nous appellent quand elles savent que nous allons recevoir un de leur patient et qu’elles veulent qu’on insiste, nous aussi, sur un point pour renforcer leur discours ou pour des renseignements sur le patient (observance, compliance,…). Je pense aussi à ce cardiologue que j’appelle suite à un prescription qui m’accueille chaleureusement, qui me dit de ne pas hésiter à l’appeler et qu’en ce moment entre professionnels de santé il faut « qu’on se serre les coudes ».
Ce sont eux et l’interêt de ceux qu’on soigne qui nous motivent à pousser la collaboration interprofessionnelle qui est essentielle pour les patients. Mais il doit y avoir du respect mutuel et les conflits d’égo n’ont pas leur place dans ces discussions.

Enfin, voilà c’était un coup de gueule, en vrac comme ça me vient. Je continue car j’aime encore mon travail et surtout les patients dont beaucoup sont des habitués, avec qui je partage plein de choses, ils m’apprennent et m’apportent énormément au quotidien. Sans doute beaucoup plus qu’ils ne le pensent ! J’adore les aider, les conseiller, et leurs mercis toujours chaleureux suffisent pour le moment à effacer tous les autres aspects que je qualifie de « négatifs ».

Ce que je veux aussi ajouter c’est que tous ces aspects négatifs n’ont absolument rien à voir avec les titulaires qui sont eux aussi victimes de ceux que les politiques, au cours des années, ont fait de la pharmacie d’officine. Ils ne le font pas pour le plaisir mais aussi pour sauvegarder nos emplois. Ils sont contraints et je les comprends de veiller plus que jamais à la rentabilité de leur entreprise car le milieu de l’officine est devenu extrêmement concurrentiel, en ville en tout cas. Ceci les obligeant tout autant que nous salariés à se décentrer de leur mission principale et de l’essence même du pharmacien : le médicament.  C’est ce qu’on aime faire, ce pour quoi on est bons et ce pourquoi on est formé à la base. Mais entre la crème antirides miracle et le shampoing revitalisant l’opinion publique a tendance à l’oublier !

Merci de m’avoir lu ! A très vite !

Conseils pour l’hygiène buccodentaire pendant les traitements du cancer du sein, partie 2

Coucou tout le monde,

J’espère que tout le monde passe un très bon dimanche ! Pour moi c’est repos repos repos car j’ai travaillé hier et j’enchaîne la semaine suivante du lundi au samedi. Mais je viens quand même poster un article, c’est  pas du travail mais un plaisir plutôt ! Je me suis rendue que ça fait déjà un moment que j’ai posté un premier article sur l’hygiène bucco-dentaire pendant les traitements et que j’ai toujours pas mis la deuxième partie donc là voici !

Alors, la première partie concernait l’hygiène buccodentaire en cas de bouche saine et propre. Cette partie là concerne les bouches saines mais pas propres, c’est-à-dire définies en tant que tel par le chirurgien lors de la consultation avant chimiothérapie. Cette consultation est bien sûr obligatoire, c’est là que le dentiste procède à des soins si nécessaire et effectue des recommandations adaptées et propres à chaque patiente pour toutes la durée de la chimiothérapie, de la radiothérapie et après la fin des traitements. Ces conseils ne substituent donc en aucun cas aux recommandations du professionnel de santé consulté mais peuvent s’ajouter à ces conseils et prescriptions si le pharmacien qui délivre l’ordonnance ou à qui on demande conseil le juge utile.

Dans ce cas-là il faut d’abord bien sûr réitérer les conseils évoqués dans la partie précédente car il s’agit de soins qui doivent être pratiqués de manière systématique. On complétera ces recommandations avec les conseils suivants :

– Effectuez en plus un bain de bouche antiseptique sans alcool, ni chlorehexidine après chaque repas. On pourra par exemple conseiller les bains de bouche Méridol® qui n’en contiennent pas. Cependant il est très fréquent que le dentiste ait prescrit ou conseillé un bain de bouche particulier.

– Mâchez régulièrement des gommes sans sucre et sucer des glaçons ou de la glace pilée pour stimuler la salivation. Choisissez quelque chose qui vous fait plaisir !

– Si les lèvres sont fragilisées et asséchées, appliquez tous les jours de la vaseline ou du beurre de cacao sur des lèvres préalablement nettoyées avec du sérum physiologique.

– Appliquez de la gelée de Lansoyl® (paraffine utilisée principalement pour traiter la constipation) ou un gel humectant buccal (Bioxtra® par exemple) sur la langue si une croûte s’y est formée. Cela permettra de la ramollir.

–  Le spray AEQUAYSAL® est un lubrifiant protecteur composé de triesters de glycérol oxydés, il est très utile en cas de bouche très sèche lorsque l’on ne « fabrique  » pas assez de salive.  Appliquez une pulvérisation à l’intérieur de chaque joue 3 à 4 fois par jour et d’appliquer ensuite le produit avec la langue sur les zones enflammées.

– Utilisez des bâtonnets glycérinés pour hydrater et lubrifier la bouche, les gencives et les lèvres. On peut trouver ces bâtonnets neutres ou aromatisés. Il s’agit en fait d’applicateurs en coton imprégnés de glycérine à badigeonner.

– Faites fondre un comprimé de vitamine C effervescente sur la langue, trois jours de suite pour ses propriétés antiseptiques ou faire un bain de bouche avec le comprimé dissout dans l’eau.

 

Voilà pour les conseils, comme toujours j’espère que d’autres viendront apporter leurs conseils et expériences ! N’hésitez pas à me laisser vos avis en commentaires ! Je reviens très rapidement, dans l’après-midi peut-être, pour un autre article sur un sujet complètement différent.

A très bientôt !